Pancho Villa, une figure de la révolution mexicaine | Histoire et analyse d'images et oeuvres

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Pancho Villa, une figure de la révolution mexicaine

Date de publication : novembre 2016

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Contexte historique

Pancho Villa après la bataille de Ciudad Juárez

Cette photographie du leader mexicain Pancho Villa sur son cheval blanc a été prise en 1911, peu de temps après la bataille de Ciudad Juárez, par David W. Hoffman, un photographe d’El Paso (Texas). Ce dernier a documenté beaucoup d’événements révolutionnaires qui se sont déroulés dans cette ville, située dans le Nord du Mexique. Cette image de Pancho Villa est très connue, car elle a été diffusée sous la forme d’une carte postale, l’image photographique étant imprimée au dos. L’agence de presse française Rol était propriétaire de l’un de ces exemplaires.

Les armées révolutionnaires mexicaines ont été accompagnées par des photographes et des cinéastes qui ont « couvert » l’événement. Ce phénomène est tout à fait moderne.

La victoire de Ciudad Juárez marque véritablement l’entrée de Pancho Villa dans la révolution mexicaine aux côtés de Francisco Madero (1873-1913), l’opposant principal au régime de Porfirio Díaz (1830-1915), fondateur du Porfiriat, dictature d’une trentaine d’années.

Madero propose une réflexion nouvelle sur la vie des agriculteurs spoliés de leurs terres par les grands propriétaires terriens. Le 20 novembre 1910, il appelle à l’insurrection. C’est dans l’État de Chihuahua que l’appel est vraiment entendu. Pancho Villa, voleur de bétail et chef de bandits recherché par la police, décide de soutenir les troupes de Madero. Des guérillas sont menées contre l’armée de soldats de Díaz dans l’État de Chihuahua. La chute de Ciudad Juárez sonne le glas de la période du Porfiriat au Mexique. Le 25 mai 1911, le dictateur démissionne après trente-cinq ans de pouvoir absolu et s’embarque pour la France. Il meurt à Paris en 1915.

Tandis que ces événements se déroulent dans le Nord du Mexique, le Sud passe à son tour de la guérilla à la bataille rangée, avec comme chef Emiliano Zapata. La révolution mexicaine a bien commencé. Elle durera jusqu’en 1920.

Analyse des images

Pancho Villa : du hors-la-loi au bandit gentilhomme

Pancho Villa pose avec élégance à l’arrêt sur son cheval blanc. La sauvagerie qui caractérise habituellement le personnage n’est pas mise en valeur par le photographe. Pour peu, on trouverait le bandit avenant. Pourtant, une cartouchière à double rangée entoure son buste, et une seconde, à rangée simple, est posée sur la selle devant lui. Un fusil est également visible sur la croupe du cheval et passe sous la jambe du bandit, devenu général d’armée. L’immense sombrero, qui fait comme une auréole autour de sa tête, lui confère une réelle allure.

En 1911, Pancho Villa a un peu plus de 30 ans. Il est né vers 1878, près de Durango, dans le Nord du pays, une région désertique et montagneuse, terre d’élevage et de passage. Son véritable nom est José Doroteo Arango Arámbula. Son père, ouvrier agricole, travaillait durement dans une hacienda, et lui-même avait toutes les chances de subir le même sort que lui, mais le jeune Doroteo est de ceux qui refusent de subir un chemin tout tracé.

La légende veut qu’à l’âge de 17 ans, il ait tué le jeune fils de famille qui avait déshonoré sa sœur Martina. Dès l’âge de 20 ans, il alterne les périodes de banditisme et de vie plus rangée. Ce n’est qu’en 1913 que Pancho Villa prend une envergure nationale et devient maître de l’État de Chihuahua. Il se rend surtout célèbre pour ses attaques à cheval de trains militaires, dont il se sert ensuite pour ses propres troupes. Il est finalement assassiné dans sa voiture en juillet 1923.

Interprétation

Pancho Villa, icône et star

Pancho Villa regarde posément l’objectif du photographe, comme s’il avait fait cela toute sa vie. Il est en passe de devenir une vedette de la presse et des médias. David W. Hoffman est un photographe qui, en tant qu’Américain, a contribué à véhiculer dans l’opinion publique une image bienveillante de Pancho Villa. Au début, les États-Unis se sont en effet positionnés en faveur des rebelles en le soutenant contre le régime du Porfiriat. Par la suite, ils considéreront Pancho Villa comme un renégat mais, en 1911, le bandit a le vent en poupe.

Hollywood s’empare à son tour du personnage : le célèbre Raoul Walsh réalise un film intitulé The Life of General Villa, projeté dès le mois de mai 1914 et dans lequel l’image de Robin des Bois venu venger les espoirs des plus humbles domine celle du bandit criminel. La renommée de Pancho Villa vient du fait qu’il est un hors-la-loi devenu porte-parole de tout un peuple.

La révolution mexicaine est un des premiers exemples de guerre médiatique du XXe siècle, un conflit dans lequel les généraux ennemis s’opposent non seulement sur les champs de bataille, mais également dans les journaux et les salles de cinéma.

Bibliographie

MEYER Jean-André, La révolution mexicaine (1910-1940), Paris, Tallandier, coll. « Texto », 2010 (éd. revue et augmentée).

OUDIN Bernard, Villa, Zapata et le Mexique en feu, Paris, Gallimard, coll. « Découvertes Gallimard : histoire », 1989.

TAIBO II Paco Ignacio, Pancho Villa : roman d’une vie, Paris, Payot, 2009.

Pour citer cet article
Marie-Louise SCHEMBRI, « Pancho Villa, une figure de la révolution mexicaine », Histoire par l'image [en ligne], consulté le 22 avril 2021. URL : http://histoire-image.org/fr/etudes/pancho-villa-figure-revolution-mexicaine
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