l'Enseigne, dit l'Enseigne de Gersaint.

l'Enseigne, dit l'Enseigne de Gersaint.

l'Enseigne, dit l'Enseigne de Gersaint [détail].

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l'Enseigne, dit l'Enseigne de Gersaint.

l'Enseigne, dit l'Enseigne de Gersaint.

Date de création : 1720

Date représentée :

H. : 163 cm

L. : 308 cm

Huile sur toile

© BPK, Berlin, Dist RMN - Grand Palais - Jörg P. Anders

http://www.photo.rmn.fr

05-509192

L’Enseigne, dit L’Enseigne de Gersaint

Date de publication : Janvier 2014

Auteur : Joël CORNETTE

Réalisé le temps de huit matins, entre le 15 septembre et la fin de l’année 1720, L’Enseigne de Gersaint est l’un des derniers tableaux de Jean-Antoine Watteau. La toile était destinée à signaler aux passants la boutique d’Edme-François Gersaint (1694-1750), un marchand d’œuvres d’art et d’estampes établi depuis 1718 au numéro 35, dans la moitié sud du pont Notre-Dame, un pont de marchands bruissant d’une foule effervescente, l’un des plus anciens ponts de pierre de Paris reliant l’île de la Cité à la rive droite de la Seine. Gersaint a lui-même expliqué les circonstances dans lesquelles l’enseigne fut peinte : « À son retour à Paris [Watteau] vint chez moi me demander si je voulais bien le recevoir, et lui permettre, pour se dégourdir les doigts, ce sont ses termes, si je voulais bien lui permettre de peindre un plafond que je devais exposer au dehors. »

Selon le Mercure de France de 1732, L’Enseigne ne fut exposée que quinze jours et fit l’admiration des passants. Le tableau fut acquis vers 1744 par Frédéric le Grand de Prusse, ce qui explique sa présence actuelle à Berlin, au château de Charlottenbourg.

L’enseigne montre, vu de la rue, l’intérieur d’une boutique richement achalandée. Huit personnages – des hommes et des femmes dont l’élégance est soulignée par l’éclatant reflet de la lumière sur les robes de satin –, qui auraient pu être hier encore courtisans à Versailles, discutent autour des nombreux et superbes tableaux exposés au regard et au jugement critique : des nus mythologiques, des œuvres religieuses, une nature morte, un paysage. On a cherché à identifier les auteurs de ces peintures et des noms prestigieux ont été avancés, Vénitiens du XVIe siècle, Flamands du XVIIe siècle : Van Ruysdael, Véronèse, Bassano, Rubens, Jordaens…

Un couple, plutôt âgé, examine avec attention un grand tableau ovale représentant une scène mythologique ; la femme, en robe de veuve et portant bonnet, inspecte le paysage à l’aide de son face-à-main, alors que son compagnon se penche sur des nus féminins.

Trois autres clients admirent rêveusement un nécessaire de toilette et une glace que leur montre une jeune femme assise derrière un grand comptoir de chêne. Dans la rue, un chien s’épuce à droite du tableau, pendant qu’à l’autre extrémité un portefaix debout semble indifférent à la scène.

Au premier plan, sur la gauche, un jeune homme et une jeune femme, qui entre dans la boutique, jettent un œil distrait aux gestes d’un employé en chemise qui s’affaire. Ce dernier emballe un portrait de Louis XIV peint par Hyacinthe Rigaud ; l’image du roi est déjà à moitié dissimulée dans la caisse qui sera bientôt clouée.

Un regard, mi-amusé, mi-détaché, presque un adieu, accordé au passé : entre hier et demain, ce tableau splendide, peint pendant la Régence, serait un peu le symbole du crépuscule d’un règne, du crépuscule du Grand Siècle.

Mais il ne faut pas « surinterpréter » cette scène, objet de multiples spéculations et significations : plus qu’à la fin du long règne du Roi-Soleil (1643-1715), ce tableau fait sans doute tout simplement allusion au nom choisi par Gersaint pour sa boutique, Au Grand Monarque.

Il demeure qu’il s’agit là du « testament artistique » de Watteau, peint quelques mois avant sa mort.

· Margaret Morgan GRASSELLI, Pierre ROSENBERG et Nicole PARMENTIER, Watteau (1684-1721), catalogue de l’exposition de la National Gallery of Art de Washington (17 juin-23 septembre 1984), des galeries nationales du Grand Palais, Paris (23 octobre 1984-28 janvier 1985), du château de Charlottenbourg, Berlin (22 février-26 mai 1985), Paris, R.M.N., 1984.

· Guillaume GLORIEUX, À l’enseigne de Gersaint. Edme-François Gersaint, marchand d’art sur le pont Notre-Dame (1694-1750), Seyssel, Champ Vallon, coll. « Époques », 2002. 

Joël CORNETTE, « L’Enseigne, dit L’Enseigne de Gersaint », Histoire par l'image [en ligne], consulté le 07/12/2022. URL : histoire-image.org/etudes/enseigne-dit-enseigne-gersaint

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