Service des Arts Industriels. Imprimeur en taille douce.

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Service des Arts Industriels. La typographie

Service des Arts Industriels. La typographie

Service des Arts Industriels. Imprimeur en taille douce.

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Date de création : 1827

Date représentée :

Fabricant : manufacture de Sèvres.

Porcelaine dure partiellement dorée.

Diamètre : 23,6 cm.

© RMN-Grand Palais (Sèvres - Manufacture et musée nationaux) / Stéphane Maréchalle

Lien vers l'image

MNC 27133 - 19-552837

  • Service des Arts Industriels. Imprimeur en taille douce.
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La Modernisation des techniques d’imprimerie au XIXe siècle

Date de publication : Septembre 2006

Auteur : Charlotte DENOËL

Les mutations internes de l'édition française

Durant la seconde moitié du XVIIIe siècle, le monde de l'édition connaît plusieurs bouleversements, sous l'effet conjoint de la poussée démographique et de la reprise économique entre 1730 et 1760. On assiste à une inflation de la production imprimée, dont les journaux, les imprimés administratifs et les livres traitant de sujets d'actualité, qui répondent au besoin croissant d'information de la société, sont les principaux bénéficiaires. La Révolution française ne fait qu'accélérer ce phénomène, avec la parution de multiples journaux, brochures, libelles et pamphlets politiques qui contribuent à l'émergence d'une opinion publique nationale. Parallèlement, le public des lecteurs ne cesse de s'élargir grâce aux progrès de l'alphabétisation. Il existe cependant un décalage entre la demande croissante d'imprimés et les moyens techniques mis en œuvre pour la satisfaire.

Le système de l'atelier traditionnel

Pendant longtemps, le secteur de l'imprimerie française a eu recours à des techniques séculaires remontant à l'époque de Gutenberg pour fabriquer le livre : d'un maniement complexe et d'un fonctionnement souvent médiocre, malgré quelques perfectionnements ponctuels, la presse typographique manuelle ne permet d'obtenir que de faibles rendements, tandis que la production du papier, obtenu à partir de la chiffe, est loin d'être mécanisée. Au début du XIXe siècle, la plus grande partie de l'imprimerie française demeure ainsi dominée par le système des ateliers de petite taille qui ont recours à des procédés traditionnels de fabrication. C'est ce que montrent les deux décors de Jean-Charles Develly (1783-1849) exécutés pour des porcelaines de la manufacture de Sèvres. Le premier, daté entre 1823 et 1835, représente l'intérieur d'un atelier d'imprimeurs-typographes, où l'on distingue les différentes phases du travail d'impression : un grand nombre d'ouvriers s'affairent à des tâches bien spécifiques, comme la constitution d'une page de composition à partir de l'assemblage de caractères typographiques rangés dans une casse, l'insertion des pages ainsi obtenues dans une forme disposée dans un châssis, la mise en place des feuilles de papier blanc sur le tympan d'une presse Stanhope, l'impression de la forme, le séchage des pages imprimées, puis leur assemblage. A l'exception de la presse métallique mise au point par Lord Stanhope en 1801, plus résistante et plus efficace, car elle permet d'imprimer davantage de pages à la fois, cet atelier continue à utiliser le savoir-faire et les machines héritées de l'ère gutenbergienne. Entièrement manuelles et artisanales, la composition et l'impression mobilisent un important stock de caractères, ainsi qu'une main d'œuvre pléthorique. Le secteur de la gravure se trouve dans une situation similaire, ainsi que le suggère le second dessin de Develly figurant un atelier d'imprimeur en taille douce. Apparu à la fin du XVIe siècle, ce procédé de gravure en creux à partir d'une plaque de cuivre préalablement gravée, encrée et essuyée était très répandu sous l'Ancien Régime pour l'illustration des livres. Sur cette porcelaine, des ouvriers actionnent une presse traditionnelle à bras en bois, avant de suspendre les feuilles imprimées pour les faire sécher. A droite, au premier plan, deux personnages vérifient le résultat obtenu.

Les prémisses d'une révolution industrielle

Le fossé ne cesse de se creuser au cours du XIXe siècle entre les techniques archaïques de production et l'émergence d'un nouveau marché. Afin d'adapter le secteur de l'imprimerie à la nouvelle conjoncture, des recherches techniques sont entreprises dès la fin du XVIIIe siècle pour accroître la productivité des machines et satisfaire ainsi les exigences du lectorat. Grâce aux progrès de la sidérurgie, la presse subit une série de modifications en profondeur : de la presse à un coup, dont l'invention, entre 1781 et 1783, est attribuée tantôt à Laurent Anisson tantôt à François-Ambroise Didot, à la presse mécanique à vapeur mise au point par Koenig et Bauer en 1813, en passant par la presse Stanhope, une série d'innovations voit le jour, qui permettent d'augmenter les rendements de façon significative. Ce mouvement s'étend bientôt au domaine de la typographie, avec l'élaboration de nouveaux procédés de composition. Un pas décisif est franchi avec la mise au point de la stéréotypie : désormais, le typographe remplace la forme de caractères mobiles par un bloc solide portant le texte en relief et utilisable à chaque réimpression. Le principal avantage de ce procédé réside dans la plus grande rapidité du travail de composition. Dans le domaine de l'illustration, la gravure sur pierre lithographique découverte par Aloÿs Senefelder vers 1796 constitue une véritable révolution, qui est introduite en France dès les années 1814-1816. Mais cet ensemble d'innovations techniques ne touche qu'un nombre restreint d'ateliers. Seules quelques grandes imprimeries parviennent à se doter des machines les plus récentes, et la majorité des petits ateliers restent à l'écart de ce processus d'industrialisation. Aussi les imprimeries françaises présentent-elles un visage hétérogène tout au long du XIXe siècle.

Fernand BRAUDEL et Ernest LABROUSSE (dir.), Histoire économique et sociale de la France (1789 – années 1880). III, Paris, PUF, 1993.

Roger CHARTIER et Henri-Jean MARTIN (dir.), Histoire de l'édition française. II et III, Paris, Promodis, 1984-1985.

Paul CHAUVET, Histoire des ouvriers du livre en France, de 1789 à 1881, Paris, Michel Rivière, 1964.

Jean-François GILMONT, Le livre, du manuscrit à l'ère électronique, Liège, éd. du Cefal, 1993.

Albert LABARRE, Histoire du livre, Paris, PUF, 1990 (5e éd.).Le livre [catalogue d'exposition], Paris, Bibliothèque nationale de France, 1972.

Charlotte DENOËL, « La Modernisation des techniques d’imprimerie au XIXe siècle », Histoire par l'image [en ligne], consulté le 16/08/2022. URL : histoire-image.org/etudes/modernisation-techniques-imprimerie-xixe-siecle

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