Bâton de maréchal de France du maréchal Foch.

Bâton de maréchal de France du maréchal Foch.

Bâton de maréchal de Grande-Bretagne du maréchal Foch.

Bâton de maréchal de Grande-Bretagne du maréchal Foch.

Bâton de maréchal de Pologne du maréchal Foch.

Bâton de maréchal de Pologne du maréchal Foch.

Bâton de maréchal de France du maréchal Foch.

Bâton de maréchal de France du maréchal Foch.

Lieu de conservation : musée de l’Armée (Paris)
site web

Date de création : 1918

Date représentée : 1918

H. : 51

L. : 5

Or et velours.Bâton de maréchal remis à Foch par Raymond Poincarré le 23 août 1918.

© Paris - Musée de l'Armée, Dist. RMN - Grand Palais / Pascal Segrette

http://www.photo.rmn.fr

06-522373 / 4370 DEP

Le maréchal Foch, les bâtons de maréchal

Date de publication : Septembre 2008

Auteur : Claire MAINGON

Le maréchalat : consécration d’une carrière militaire d’exception

Le palmarès de décorations remises au général Foch tout au long de sa carrière est impressionnant. À l’ordre de grand-croix de la Légion d’honneur, à celui d’officier de l’Instruction publique et aux nombreuses médailles militaires, l’homme de guerre ajouta la plus haute distinction qui puisse être attribuée à un militaire : celle du maréchalat de France, créée sous le règne de Philippe-Auguste. Abolie en 1793 par la Convention, cette dignité nationale fut rétablie en 1804. Sous Napoléon, elle fut donnée à quatorze généraux légataires de leurs noms aux boulevards qui enserrent Paris. Moins attribué sous les régimes qui ont succédé au premier Empire, le maréchalat connut un fort regain après la Grande Guerre, qui marque une rupture dans l’histoire européenne. Le bâton de maréchal de France fut notamment offert à Ferdinand Foch en 1918, sur la proposition de Georges Clemenceau au président Raymond Poincaré. Cette demande était motivée par l’action héroïque du général, qui était parvenu à défaire l’Allemagne en lançant l’offensive finale qui dégagea Paris, Soissons et Château-Thierry, délivra deux cents villages et 35 000 prisonniers. Honneur exceptionnel, ce titre ne pouvait être délivré à un commandant en chef d’une armée, qui s’était rendu victorieux sur le sol national ou non, que par l’intermédiaire d’une loi votée par le Parlement. Il s’agit d’une loi personnelle, c’est-à-dire contre laquelle aucun juge ne peut opposer de veto. Symbole de cette distinction, le bâton de maréchal de France fut remis à Foch au château de Bombon par Poincaré, le 23 août 1918. Dans les années qui suivirent la signature de l’armistice, Ferdinand Foch reçut également deux décorations aussi prestigieuses qui l’élevèrent au rang des plus grands militaires européens : le bâton du maréchalat de Grande-Bretagne, remis par le roi George V, le 30 juillet 1919 ; puis le bâton de maréchal de Pologne, remis à la frontière austro-hongroise par le général Sosnkowski, ministre de la Guerre.

Les regalia militaires

Véritables objets d’art, les bâtons de maréchal sont des emblèmes du pouvoir militaire, à l’instar des regalia royales et sacrées. De ce point de vue, ils représentent des objets à forte dimension symbolique et sont conservés comme des trésors de la nation au musée de l’Armée. Ces bâtons ornementaux évoquent la forme des sceptres. Chacun de ceux remis au général Foch possède ses caractéristiques esthétiques, selon sa provenance. Gainé de velours bleu semé d’étoiles d’or, le bâton de maréchal de France s’orne à chacune de ses extrémités d’une virole d’or. Sur l’une est gravée la devise des maréchaux de France, TERROR BELLI DECUS PACIS (« terreur durant la guerre, ornement pour le temps de paix »), sur l’autre l’inscription FOCH Ferdinand, maréchal de France, 6 août 1918.

Le bâton de maréchal de Grande-Bretagne est de couleur différente et porte d’autres symboles allégoriques. En velours grenat, il est semé de lions d’Angleterre en or, et chaque extrémité comporte une virole d’or ciselé . Sur ce bâton figurent les attributs des différents pays formant la Grande-Bretagne, à l’exemple du chardon d’Écosse, et est surmonté d’une représentation de saint Georges terrassant le dragon. Quant au bâton de Pologne, il fut exécuté sur le modèle d’une masse polonaise du XVIe siècle. En acier bleui, il est incrusté de vermeil et comporte deux médaillons d’émaux translucides rouges. L’un représente l’aigle héraldique de la Pologne, l’autre les initiales R.P., qui signifient « Republica Poloniae ». L’agate enchâssée dans le culot est gravée de deux « F » enlacés pour Ferdinand Foch.

Un destin hors du commun

Fils de fonctionnaire, Ferdinand Foch s’engagea dans la guerre franco-prussienne de 1870 puis entra dans la carrière militaire. Admis à l’École polytechnique, institution d’élite qui prépare aux métiers de la défense et de l’ingénierie, le futur maréchal en sortit modestement officier d’artillerie en 1873. Il gravit brillamment les échelons de la hiérarchie militaire, jusqu’à rejoindre l’état-major et devenir lui-même enseignant à l’École supérieure militaire.

Théoricien de l’histoire militaire, spécialiste de l’analyse des tactiques et des offensives, Ferdinand Foch publia plusieurs ouvrages, dont Des principes de la guerre (1903). Cette facette de sa personnalité est moins connue, mais elle occupe pourtant un rôle essentiel dans l’évolution de son histoire personnelle. Devenu lieutenant-colonel, puis colonel et général de brigade en 1907, Foch se hissa au rang de général de division en 1911, puis de général commandant de corps d’armée peu avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale. Mettant dès lors à profit ses connaissances théoriques et historiques, il sut proposer des solutions stratégiques efficaces durant les premiers temps de la guerre de mouvement. Maître dans l’art de la contre-attaque, il embrassa des responsabilités de plus en plus importantes qui le menèrent à chapeauter avec succès la course à la mer, opération stratégique qui nécessitait une parfaite coordination entre les Alliés. Cette responsabilité assumée avec brio fit de Foch une personnalité de notoriété européenne. Tombé momentanément en disgrâce en 1916, date à laquelle il fut par ailleurs blessé, le général Foch retrouva la confiance du peuple français et des soldats grâce à l’amitié de Pétain, en raison surtout des revers subis par le général Nivelle. S’élevant toujours plus haut dans la hiérarchie militaire, il fut nommé en 1918 commandant en chef du front de l’Ouest avec le titre de généralissime, dans le but de consolider une nouvelle fois la cohérence entre les Alliés. Signataire de l’armistice à Rethondes, Ferdinand Foch fut reconnu comme l’un des orchestrateurs de la paix par les autres nations alliées, notamment la Pologne et le Royaume-Uni qui lui délivrèrent également un bâton de maréchalat.

Jean AUTIN, Foch ou le Triomphe de la vérité , Paris, Perrin, 1987.Jean d’ESME, Foch, Paris, Hachette, 1951.Alphonse-Louis GRASSET, Foch ou la Volonté de vaincre, Paris, Berger-Levrault, 1964.Maxime WEYGAND, Foch, Paris, Flammarion, 1951.Pierre VALLAUD, 14-18, la Première Guerre mondiale, Paris, Fayard, 2004.

Claire MAINGON, « Le maréchal Foch, les bâtons de maréchal », Histoire par l'image [en ligne], consulté le 27/01/2023. URL : histoire-image.org/etudes/marechal-foch-batons-marechal

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