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Rouget de Lisle composant la Marseillaise (?)

Rouget de Lisle composant la Marseillaise (?)

Date de création : 1875

Date représentée : 25 avril 1792

Huile sur toile

Domaine : Peintures

© Musée de la Révolution française, Vizille

MRF 1974-261

Rouget de Lisle composant la Marseillaise

Date de publication : Mars 2016

Auteur : Pascal DUPUY

Le 20 avril 1792, la France en révolution entre en guerre contre l’Europe des monarques coalisés. Quelques jours plus tard, le maire de Strasbourg, le baron de Dietrich, lors d’une soirée en compagnie de militaires qu’il avait coutume d’organiser, constate avec regret que la France révolutionnaire ne possède pas un hymne national capable de galvaniser ses soldats et les volontaires engagés afin de défendre la “ patrie en danger ”. Touché par la remarque du baron, le capitaine du génie Claude-Joseph Rouget de Lisle, poète et musicien à ses heures, compose dans la nuit du 25 au 26 avril les paroles et la musique du Chant de guerre pour l’armée du Rhin. Le chant est bientôt adopté par les fédérés marseillais qui en montant à Paris vont le populariser et l’imposer comme chant patriotique et révolutionnaire. Ils lui donnent aussi son nom, Hymne des Marseillais puis La Marseillaise, laquelle devient chant national par le décret du 14 juillet 1795 (26 messidor an III) qui ne sera toutefois définitivement appliqué qu’à partir du 14 février 1879.

Le sujet et la date exacte de cette toile ne sont pas définitivement établis. On peut toutefois raisonnablement avancer, à la suite de Philippe Bordes, que l’officier assis à son bureau la plume à la main, inspiré et fasciné par l’allégorie d’une France victorieuse, représente Rouget de Lisle sur le point de composer le Chant de guerre de l’armée du Rhin, qui deviendra bientôt l’hymne national français sous le nom de Marseillaise. L’allégorie, source d’inspiration et de motivation du jeune capitaine, pointe du doigt une inscription lumineuse — PRO PATRIA — et fait apparaître devant les yeux du poète une scène de charge militaire. Le tableau est rythmé par les couleurs du drapeau tricolore qui se répondent de chaque partie de l’étendard tenu fièrement par une France victorieuse dénudée et déterminée à agir sur le cours de l’histoire révolutionnaire. Outre l’inspiration patriotique et poétique, l’allégorie marque également par sa position élancée et son visage expressif le combat militaire révolutionnaire, la patrie en danger, les armées étrangères aux frontières et les engagés volontaires, auxquels répondent l’officier haranguant ses hommes et le sabre de Rouget de Lisle posé contre une chaise. La composition d’ensemble offre une vision poétique du moment créatif tout en accentuant les éléments patriotiques d’un chant emblématique de la période révolutionnaire autant que des luttes sociales et politiques de tout le XIXe siècle.

Idéal républicain, fougue révolutionnaire et symbolisme se mélangent dans cette toile afin de donner au sujet et surtout à sa source d’inspiration — La Marseillaise — toute sa dimension patriotique. Premier hymne national moderne, La Marseillaise joue un rôle de pionnière dans l’expression manifeste d’une conscience nationale. Malgré une double dimension – révolutionnaire et nationale – qui lui a valu une image parfois ambivalente, ce chant s’est vu définitivement consacré comme hymne national avec l’avènement de la IIIe République et la célébration du centenaire de 1789. Outre cet aspect conjoncturel, le tableau illustre parfaitement le rôle de ce chant dans les exploits militaires des armées françaises révolutionnaires, comme l'a évoqué Olivier en 1820 dans son Histoire critique et militaire des guerres de la Révolution : “ Les générations à venir s’étonneront de voir des chansons figurer au nombre des causes des succès militaires, mais il n’en demeure pas moins avéré que ces couplets, pleins d’énergie et de patriotisme, accompagnés par la musique la plus martiale, animèrent une jeunesse ardente, contribuèrent à faciliter les levées, enflammèrent le courage des soldats et leur firent soutenir les privations avec autant de gaieté qu’ils affrontaient les dangers. ”

Chantal GEORGEL et Robert DELBART Marseillaise, Marseillaise : anthologie des différentes adaptations depuis 1792 Paris, Cherche-Midi, 1992.

Frédéric ROBERT La Marseillaise Paris, Imprimerie nationale, 1989.

Philippe BORDES Musée de la Révolution française, catalogue des peintures, sculptures et dessins Paris, RMN, 1996.

Pascal DUPUY, « Rouget de Lisle composant la Marseillaise », Histoire par l'image [en ligne], consulté le 20/05/2024. URL : histoire-image.org/etudes/rouget-lisle-composant-marseillaise

Anonyme (non vérifié)

manque de précision sur les jeux d'ombres....
sinon pas mal dans l'ensemble

sam 05/10/2013 - 16:31 Permalien
Anonyme (non vérifié)

Bonjour,

Cette œuvre mesure 81 cm sur 65 cm.

À très bientôt sur notre site !

Aurélie

mar 29/10/2013 - 17:15 Permalien
Anonyme (non vérifié)

bonjour je voudrais savoir si la marseillaise a etait reprise plusieur fois s'il vous plait ?

mer 06/11/2013 - 18:04 Permalien
Anonyme (non vérifié)

daprès cette oeuvre dans kel contexte la marseilleise a t-elle été composé?

sam 09/11/2013 - 16:08 Permalien
Anonyme (non vérifié)

Bonjour zuzu97, j'ai lu le document ci-dessus et j'ai cru comprendre que le contexte historique de La Marseillaise est le fait que la France soit en guerre. D'après mes connaissances, Louis XVI ayant été assassiné par les gens de son peuple, les autres rois des autres pays on pris peur. Ils se sont dit que la France et son peuple pouvait servir d'exemple pour renverser la royauté dans leur pays. De ce fait, ils ont déclarés la guerre à la France pour réinstaurer une royauté ! J'espère que mon commentaire servira <3 <3 <3

ven 01/05/2015 - 13:18 Permalien

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