Le Petit ramoneur

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Porteurs de farine, scène parisienne

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La Ravaudeuse

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Scène et mœurs de Paris. Paris qui s’éveille

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Le Petit ramoneur

Le Petit ramoneur

Date de création : 1891

Date représentée : 1891

H. : 0

L. : 0

© RMN-Grand Palais / Daniel Arnaudet

Lien vers l'image

19841 - 86-000526

Les Cris de Paris

Date de publication : Janvier 2007

Auteur : Charlotte DENOËL

Histoire des cris de Paris

Les cris des marchands ambulants remontent à l’époque médiévale. Première forme orale de publicité, ils faisaient partie intégrante du bruit des villes. L’un des plus anciens témoignages historiques sur les cris de Paris nous est fourni par Le livre des métiers d’Étienne Boileau, ouvrage du XIIIe siècle où l’auteur décrit les mœurs et les coutumes des marchands. Le criage y apparaît comme un service public placé sous la dépendance de l’autorité royale. Hommes, femmes ou enfants déambulaient dans les rues et criaient leurs marchandises ou leurs services pour attirer le chaland. Chaque corps de métier possédait son propre cri caractéristique. Cette forme de commerce nomade s’est perpétuée tout au long de l’époque moderne, faisant concurrence aux échoppes et boutiques ayant pignon sur rue.

Les cris de Paris, une tradition iconographique

D’une grande diversité, les cris des commerçants ambulants furent célébrés à toutes les époques aussi bien par les écrivains que par les artistes. Dans La Prisonnière, volume publié en 1923, Marcel Proust a consacré plusieurs pages célèbres aux scènes de rue parisiennes, évoquant en particulier les marchands ambulants et leurs cris variés qui « orchestraient légèrement l’air matinal, en une « ouverture pour un jour de fête » ». Son témoignage rejoint celui des peintres et des graveurs du XIXe siècle qui se sont intéressés aux petits métiers parisiens. Héritiers d’une longue tradition iconographique, ceux-ci rendent compte de leur diversité et en brossent des portraits individuels. C’est ainsi qu’à la fin du XIXe siècle les peintres Pierre Carrier-Belleuse et Ulysse Roy ont représenté dans une veine réaliste des livreurs de farine devant une boulangerie pour l’un, un petit ramoneur pour l’autre, s’attachant à dépeindre avec précision leurs attitudes et leurs caractères distinctifs. La figure du ramoneur, d’origine savoyarde ou piémontaise, est un lieu commun dans l’art et la littérature : Rabelais l’évoquait déjà en 1532 dans son Pantagruel. Ce travail était traditionnellement exercé par des enfants qui, grâce à leur petite taille, pouvaient se glisser dans les conduits de cheminée de plus en plus étroits. Noir de suie, le petit ramoneur d’Ulysse Roy porte son instrument de travail sur le dos, un hérisson, et fait retentir son chant dans les rues. Les petits métiers ont également fait l’objet de scènes de genre, telle cette estampe en couleur où Jean-Baptiste Mallet a représenté une ravaudeuse installée dehors, au pied d’une maison, son attirail autour d’elle, ou cette autre estampe anonyme intitulée Paris qui s’éveille. Dans cette dernière, l’artiste s’est plu à croquer sur le vif l’animation d’une rue parisienne le matin, avec les boutiquiers ouvrant leurs échoppes et les commerçants ambulants arpentant le pavé en quête de clients. L’attirail et les postures variées de ces derniers permettent d’y reconnaître entre autres un ramoneur, un chiffonnier et un marchand de chapeaux.

Déclin des petits métiers

D’un point de vue historique, ces différentes œuvres offrent un précieux témoignage sur le vieux Paris et ses personnages typiques, à une époque où les petits métiers commençaient à se raréfier. Florissants tout au long de l’époque moderne, ceux-ci virent en effet leur existence menacée par la révolution industrielle : avec le développement des usines et l’accroissement de la population ouvrière, le nombre d’artisans indépendants ne cessa de reculer dès la fin du XIXe siècle. Notons que si ce déclin fut progressif, ces métiers restèrent vivaces durant l’entre-deux-guerres pour ne disparaître vraiment que dans les années 1950. La métamorphose de Paris, entamée sous le préfet Haussmann, et une réglementation plus stricte de la voirie n’y furent pas non plus étrangères. Dès le milieu du XIXe siècle, pressentant le changement, de nombreuses voix s’élevèrent ainsi parmi les écrivains, Balzac en tête, pour déplorer cette disparition progressive des petits métiers et des cris parisiens, tandis qu’on commençait à s’intéresser d’un point de vue folklorique à leurs particularités et à leurs aspects pittoresques. Tandis que la fin du XIXe siècle vit la publication de nombreux ouvrages traitant de ce sujet, les photographes, professionnels comme amateurs, profitèrent des facilités que leur offraient les progrès de la technique photographique pour descendre dans la rue et fixer sur le papier le souvenir de ces petits métiers. Eugène Atget, en particulier, leur consacra plusieurs séries documentaires dans le cadre de son travail sur les scènes de rue à Paris.

Jean FAVIER, Paris, deux mille ans d’histoire, Paris, Fayard, 1997.

Alfred FRANKLIN, Dictionnaire historique des arts, métiers et professions exercés dans Paris depuis le treizième siècle, Paris-Leipzig, H.Welter, 1906 (rééd.Marseille, Laffitte Reprints, 1977).

MASSIN, Les Cris de la ville : commerces ambulants et petits métiers, Paris, Gallimard, 1978.Marcel POUST, La Prisonnière, Paris, Gallimard, 1954.

Fabienne REBOUL-SCHERRER, Petits métiers des villes, petits métiers des champs, Paris, France Loisirs, 2005.Vincent MILLOT, Les Cris de Paris, Paris, Publications de la Sorbonne, 1996.

Petits métiers et types parisiens vers 1900 : Atget, Géniaux, Vert, catalogue de l’exposition du musée Carnavalet, 6 novembre 1984-13 janvier 1985, Paris, Musée Carnavalet, 1984.

Petits métiers – Paris 1900, 800 cartes postales. Hommage à Albert Monier, catalogue de l’exposition organisée dans les mairies des 15e et 17e arrondissements, Paris, Délégation à l’action artistique, 1982.

Charlotte DENOËL, « Les Cris de Paris », Histoire par l'image [en ligne], consulté le 20/08/2022. URL : histoire-image.org/etudes/cris-paris

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