Les ignobles otages.

Les ignobles otages.

Nous allons livrer bataille.

Nous allons livrer bataille.

Personne ne veut faire le boche.

Personne ne veut faire le boche.

Les ignobles otages.

Les ignobles otages.

Date de création : 1915

Date représentée : 1915

H. : 3,8

L. : 2,81

lithographie

© Collection Historial de la Grande Guerre - Péronne (Somme) - Photo Yazid Medmoun

http://www.historial.org/fr/renseign/doc.htm

Les enfants dans la guerre de 1914-1918

Date de publication : Mars 2016

Auteur : Sophie DELAPORTE

Mobilisé en août 1914 dans l’armée territoriale, le « père des gosses », Francisque Poulbot, est réformé quelques mois plus tard, en février 1915, pour des raisons médicales. De retour à Paris, il travaille au Journal, dans lequel il présente de manière hebdomadaire un dessin légendé pour les enfants. Sa production apparaît donc immense. Les lithographies présentées ici ont été réalisées à partir des dessins publiés pendant la guerre.

En quoi la « guerre des gosses » de Poulbot contribue-t-elle à révéler une forme d’investissement des enfants dans la guerre ?

Le trait simple et arrondi du dessinateur révèle une tendresse certaine pour le monde de l’enfance. Mais il ne s’agit pas ici du regard de l’adulte posé sur l’enfant, vu d’en haut en quelque sorte ; le travail montre plutôt une observation fine, vue « d’en bas », effectuée au niveau et avec des enfants.

Poulbot les présente en petits groupes dans « Nous allons livrer bataille », « Vous, les ignobles otages » et « Alors les gars ! on joue à la guerre ? » Deux de ces lithographies situent les terres de l’enfance en Allemagne, les enfants allemands symbolisant ici la bassesse, la barbarie de l’Allemagne dans son ensemble : « Nous allons livrer bataille » et « Vous, les ignobles otages ». Les enfants exhibent leurs armes, en particulier les fusils de bois et les épées, les casseroles remplacent le casque, mais parfois même ils se coiffent du véritable casque prussien. Peut-être plus encore qu’au dessin, Poulbot accorde une importance capitale à la légende. Les mots de l’enfance donnent à ses dessins une saveur très particulière, presque unique à l’époque.

Les légendes – « Nous allons livrer bataille, toi, Fritz tu es le cochon de Français », « Vous, les ignobles otages, vous allez marcher devant notre armée », « Alors les gars ! on joue à la guerre ? ― On peut pas, personne veut faire le Boche » – témoignent du transfert de l’événement guerrier dans la sphère de l’enfance à travers une propagande brutale et partiale. Elles illustrent aussi la force du sentiment nationaliste qui domine les premiers mois de la guerre et qui touche le monde juvénile comme le monde adulte.

En effet, dès les premiers mois du conflit, l’enfant devient un instrument essentiel de la propagande en France comme en Allemagne. La militarisation de l’enfance se retrouve dans l’appropriation totale des faits de guerre et l’identification complète au combat national. Avec parfois une volonté très marquée de prendre part aux combats, d’en découdre avec l’ennemi, y compris chez des enfants très jeunes. Ce qui témoigne également de la transposition de la brutalité et de la violence nouvelle de la guerre sur les terres de l’enfance. Les cloisons entre monde adulte et monde de l’enfance tendent ainsi à disparaître. L’investissement de l’enfant dans la guerre atteint alors un point extrême.

La férocité nouvelle du conflit se trouve évoquée ici à travers le thème des atrocités allemandes, commises par l’envahisseur au cours de l’invasion de la Belgique et du Nord de la France au début du mois d’août et en septembre 1914. Cette réalité constitue également, bien sûr, un thème de propagande repris et développé surtout à la fin de l’année 1914 et au début de 1915, mais périodiquement réactivé jusqu’en 1918, voire au-delà. La propagande insiste tout particulièrement sur la campagne de terreur menée contre les civils par les Allemands, qui se traduit par des exécutions, des viols et des mutilations, notamment les « mains coupées » des enfants, les prises d’otages, la destruction de bâtiments, l’assassinat de blessés et de prisonniers.

L’intégration des atrocités du conflit dans le monde de l’enfance signale les seuils d’investissement dans la lutte franchis pendant la guerre.

Pierre VALLAUD, 14-18, la Première Guerre mondiale, tomes I et II, Paris, Fayard, 2004.

Stéphane AUDOUIN-ROUZEAU, La Guerre des enfants 1914-1918, essai d’histoire culturelle, Paris, Armand Colin, 1993.

Zozo POULBOT, Poulbot, mon père des gosses, Paris, Astrid, 1982.

François ROBICHON, Poulbot, le père des gosses, Paris, Hoëbeke, 1994.

Sophie DELAPORTE, « Les enfants dans la guerre de 1914-1918 », Histoire par l'image [en ligne], consulté le 10/08/2022. URL : histoire-image.org/etudes/enfants-guerre-1914-1918

Anonyme (non vérifié)

quand la guerre 1914-1918 a t-elle commencé c'est pour mon exposer a lecole

mer 27/04/2011 - 22:59 Permalien
Anonyme (non vérifié)

La guerre a commencé le 2 août 1914 avec le début de l'offensive allemande contre la Belgique.
D'un point de vue diplomatique la guerre a débuté le 3 août avec la déclaration de guerre officielle de l'Allemagne à la France.

jeu 28/04/2011 - 18:42 Permalien
Anonyme (non vérifié)

Bonjour,

Peut-on obtenir des copies des dessins de Poulbot relatifs aux enfants dans la guerre de 14-18 et dans quelles conditions peut-on les utiliser dans une exposition ?

Merci. Cordialement.

jeu 17/10/2013 - 18:04 Permalien
Anonyme (non vérifié)

Bonjour,

L'Histoire par l'image ne disposant pas des droits de reproduction des images hormis pour le site, nous vous invitons à prendre contact avec l'institution mentionnée dans la partie "Copyright" du cartel, à savoir l'Historial de la Grande Guerre de Péronne, pour obtenir une réponse à vos questions.

Bon courage et à très bientôt sur notre site,

Aurélie

mar 29/10/2013 - 17:21 Permalien

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