Manifestation de chômeurs dans Times Square. New York, 8 novembre 1930.

Manifestation de chômeurs dans Times Square. New York, 8 novembre 1930.

Une foule devant une caisse d'épargne. Allemagne, 1932.

Une foule devant une caisse d'épargne. Allemagne, 1932.

Manifestation de chômeurs dans Times Square. New York, 8 novembre 1930.

Manifestation de chômeurs dans Times Square. New York, 8 novembre 1930.

Auteur : ANONYME

Lieu de conservation : Eyedea-Keystone (Paris)
site web

Date de création : 1930

Date représentée : 08-nov-30

H. : 0

L. : 0

Tirage photographique

© Keystone / Eyedea - "reproduction et exploitation interdites sans accord préalablement écrit de l'agence"

http://www.keystonepressagency.com

K002875

La crise de 1929 aux États-Unis et en Allemagne

Date de publication : Septembre 2005

Auteur : Charlotte DENOËL

Le renversement de la conjoncture boursière

La prospérité économique que connaissaient les États-Unis dans l’entre-deux-guerres se renversa brutalement en octobre 1929, lors de la chute spectaculaire des cours de la bourse de New-York, à Wall Street. Le « jeudi noir » 24 octobre, puis le « mardi noir » 29 octobre, des dizaines de millions de titres furent mis en vente sur le marché, sans trouver preneur, ce qui provoqua l’effondrement des cours boursiers, de l’ordre de 30 à 40% au cours du dernier trimestre, puis entraîna la faillite des banques, qui étaient à court d’argent, et la ruine de milliers d’épargnants. Cette crise s’explique, d’une part, par la spéculation excessive autour des valeurs, trop souvent surévaluées, et, d’autre part, par le fait que les agents de change, pressentant que les actionnaires manquaient de garanties suffisantes, se mirent à réclamer de l’argent liquide, et ne reçurent, pour toute réponse, que des ordres de vente massifs. Loin de se stabiliser, comme le pronostiquait alors le président américain Herbert C. Hoover, la crise financière se transforma rapidement en une crise générale, d’une ampleur et d’une durée sans précédent. Par un mécanisme d’engrenage, la crise s’étendit à tous les secteurs de la vie économique américaine, dont la prospérité reposait sur le crédit. L’effondrement des prix, l’accumulation des stocks invendables et le manque de liquidités placèrent un grand nombre d’entreprises dans une situation difficile qui les contraignit à licencier leurs employés. Tandis que la production industrielle chuta de moitié entre 1929 et 1932, des millions de travailleurs se retrouvèrent du jour au lendemain sans emploi. Les 4 millions de chômeurs recensés en 1930 devinrent 8 millions en 1931 et 12 millions en 1932, soit plus d’un quart de la population active américaine.

La Grande Dépression

Si les ouvriers non qualifiés et les Noirs furent durement touchés par cette récession, ils ne furent pas les seuls, comme en témoigne cette photographie d’une manifestation de chômeurs dans Times Square, à New York, le 8 novembre 1930. Portant pour la plupart une pancarte indiquant leur profession, les chômeurs offrent leur force de travail contre la somme d’un dollar par semaine. Très hétéroclite, cette foule est composée aussi bien de représentants de la petite bourgeoisie exerçant des professions manuelles variées » agriculteurs, portiers, concierges, cuisiniers, peintres en bâtiment, pompiers, etc., que de « cols blancs », que l’absence de pancarte et la mise plus recherchée permettent d’identifier. Parmi ces demandeurs d’emploi figurent également quelques femmes, plus vulnérables en raison de leur manque de qualification professionnelle. Ainsi ce cliché illustre bien le désarroi de la population active, réduite à accepter un salaire dérisoire pour tenter d’échapper à la misère qui s’installait alors dans les grandes villes américaines. L’Europe ne fut pas à l’abri de cette Grande Dépression, en raison d’une part des liens économiques qui unissaient l’Allemagne, l’Autriche et la Grande-Bretagne aux États-Unis depuis la guerre, d’autre part du déclin des exportations américaines qui entraîna dans son sillage celui du volume des échanges internationaux. L’Allemagne, en particulier, dont les crédits américains alimentaient l’industrie, fut à son tour durement atteinte dès décembre 1930, présentant des symptômes de crise analogues à ceux des États-Unis » taux de chômage de 17,5 %, recul de 40% de la production manufacturière, effondrement des prix... Une autre photographie d’une foule cherchant à pénétrer à l’intérieur d’une caisse d’épargne d’une ville allemande traduit bien l’angoisse qui s’est alors emparée des milliers d’épargnants, menacés par les faillites en cascade. Des soldats gardent l’entrée de la caisse et tentent de contenir le flot des personnes affolées qui veulent retirer leur argent.

Les conséquences de la crise

La gravité de la crise de 1929 aux États-Unis et en Allemagne ouvrit la voie à de profonds bouleversements politiques, contribuant à l’émergence des nationalismes. Aux États-Unis, la politique du président Hoover s’étant avérée inefficace, F.D. Roosevelt, candidat démocrate élu en novembre 1932, prit une série de mesures destinées à redresser l’économie nationale, accordant la priorité à la reconstruction intérieure sur le libéralisme économique qui, jusque-là, avait prévalu. Ce New Deal incita les États-Unis à adopter une politique isolationniste par rapport au reste du monde, alors qu’en Europe, les régimes totalitaires gagnaient du terrain. En Allemagne, toutes les conditions économiques et psychologiques étaient réunies pour favoriser la montée du national-socialisme. Déjà bien implanté dans le pays (176 000 membres du parti nazi en 1929, 107 députés élus en septembre 1930), le Parti ouvrier allemand national-socialiste (N.S.D.A.P.) trouva en effet dans la crise économique des années 1931-1932 un tremplin pour se hisser au pouvoir en 1933. La politique de déflation monétaire et d’austérité sociale (réduction de l’allocation chômage et des prestations sociales) mise en œuvre par le chancelier conservateur Heinrich Brüning engendra un mécontentement général, tout particulièrement au sein de la masse des chômeurs. Les grands industriels et les hommes d’affaires allemands, Hjalmar Schacht à leur tête, président de la Reichsbank (1923-1930) qui réussit à limiter l’hyperinflation en stabilisant le cours du mark, s’allièrent au parti nazi et réclamèrent, en novembre 1932, la nomination de Hitler à la chancellerie. Celui-ci y parvint légalement le 30 janvier 1933.

Jacques BARIÉTY et Jacques DROZRépublique de Weimar et Régime hitlérien, 1918-1945tome 3.L’Allemagne.Paris, Hatier, 1973.Serge BERSTEIN et Pierre MILZAL’Allemagne, 1870-1987Paris, Masson, 1988 (2e édition).John Kenneth GALBRAITHLa crise économique de 1929, anatomie d’une crise financièreParis, Payot, 1961 (traduction française).André KASPILes Américainstome 1.Naissance et essor des États-Unis, 1607-1945.Paris, Seuil, 1986.Jean-Michel LACROIXHistoire des États-UnisParis, P.U.F., 1996.

Charlotte DENOËL, « La crise de 1929 aux États-Unis et en Allemagne », Histoire par l'image [en ligne], consulté le 15/08/2022. URL : histoire-image.org/etudes/crise-1929-etats-unis-allemagne

Anonyme (non vérifié)

whaaaaaaaaaaa quel chose intérésante....

sam 23/04/2011 - 00:05 Permalien

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