Numéro de conscrit, classe de 1869.
Auteur : ANONYME
Lieu de conservation : musée des Civilisations de l’Europe et de la Méditerranée (Mucem, Marseille)
site web
Date de création : 1871
Date représentée : 1869
H. : 35,2 cm
L. : 25,7 cm
Précision : Canton de Brumath, n°40, Feliez Metterpapier aquarellé, imagerie
Domaine : Peintures
© Photo RMN - Grand Palais
75CE1400/57. 34. 3
La conscription au XIXe siècle
Date de publication : Mars 2016
Auteur : Frédéric MAGUET
La conscription est institutionnalisée en France en 1798 à l'initiative du général Jourdan. De 1804 à 1903, les appelés sont convoqués pour connaître leur affectation à l'issue d'un tirage au sort. Dans un premier temps, le tirage au sort détermine qui part et qui ne part pas, les numéros les plus bas étant réputés « bons pour le service ». En 1872, la fonction du tirage est changée : les numéros les plus bas font un service de cinq ans, les autres d'un an seulement. En 1889, la durée du service est fixée pour tous à trois ans, les numéros servant désormais à déterminer l'arme d'affectation.
Les billets tirés lors du tirage au sort proprement dit étaient de simples rouleaux de papier portant un numéro. Très tôt ce numéro, qui va avoir une importance considérable dans le vie de l'homme qui l'a tiré, sera mis en valeur soit juste après le tirage, dans le cadre des fêtes de conscrits, soit à titre de souvenir, une fois le service achevé. Dans tous les cas, le numéro sera reproduit sur un support permettant de l'inclure au centre d'une composition. Dans les premiers temps, il s'agira essentiellement de souvenirs de conscription dessinés et peints à la main. A partir des années 1850, l'imagerie d'Epinal proposera des compositions en lithographie coloriée. Le numéro « 40 » de Feliez Metter est typique des souvenirs dessinés, particulièrement nombreux en Alsace, où la pratique du dessin à la gouache, de la calligraphie et de la peinture sous verre a engendré une production iconographique caractéristique. La composition est classique : le numéro lui-même est peint au centre d'un panneau en trompe l'œil décoré de motifs floraux et flanqué de deux colonnes. La zone de réserve est mise en valeur par un collage de papier doré sur le pourtour, et la composition est équilibrée par la présence d'une corbeille fleurie – typique du répertoire graphique alsacien – à la partie supérieure. Sous le panneau, lié à une couronne de laurier, un chapeau de marin évoque l'arme du conscrit. D'autres dessins évoquent non pas l'arme, mais le métier du conscrit.
La conscription était un rite de passage important puisqu'elle marquait une transition entre la jeunesse et l'âge adulte. La convocation pour le tirage à la préfecture ou à la sous-préfecture était l'occasion d'un voyage au sein d'un groupe d'égaux. Ce déplacement était pour beaucoup la première occasion de sortir des localités qui leur étaient familières. Le tirage lui-même était un moment de doute et d'espoir, le système permettant certains aménagements tel le remplacement, toléré puis autorisé de 1818 à 1872.
Michel BOZON « Apprivoiser le hasard, la conscription au XIXe siècle », in Ethnologie française , tome VII, n° 2-3Paris, Berger-Levrault, 1987.Frédéric MAGUET Les Temps de la vie , catalogue d'expositionMNATP, RMN, 1995.Arnold VAN GENNEP Les Rites de passage Paris, Emile Noury, 1909.
Frédéric MAGUET, « La conscription au XIXe siècle », Histoire par l'image [en ligne], consulté le 26/02/2026. URL : http://histoire-image.org/etudes/conscription-xixe-siecle-0
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