Monseigneur Darboy dans sa prison.

Monseigneur Darboy dans sa prison.

Lieu de conservation : musée d’Orsay (Paris)
site web

Date de création : 1871

Date représentée : 1871

H. : 57 cm

L. : 68 cm

peinture à l'huile sur toile

© RMN - Grand Palais (musée d'Orsay) / Hervé Lewandowski

Lien vers l'image

RF 1985-19 - 05-510048

Darboy, martyr de Versailles

Date de publication : Septembre 2014

Auteur : Bertrand TILLIER

Darboy, martyr de Versailles

Le 24 mai 1871, Monseigneur Georges Darboy, archevêque de Paris, l’abbé Gaspard Deguerry, curé de la Madeleine et célèbre prédicateur, trois pères jésuites et Louis-Bernard Bonjean, président de la cour d’appel de Paris, qui avaient été faits prisonniers et retenus comme « otages du peuple de Paris », sont passés par les armes dans une cour de la prison de la Grande-Roquette. Différentes propositions d’échanges, notamment contre Blanqui, avaient été faites aux autorités versaillaises, en vain.

Avec la mort du prélat et de ces membres de la magistrature et du clergé parisien, Versailles tient désormais ses martyrs. C’est dans cette perspective que Jean-Baptiste Carpeaux représente le prélat dans sa prison et peint aussi une allégorique Apothéose de Monseigneur Darboy (1871, collection particulière).

La violence condamnée

L’exécution de Darboy et des ecclésiastiques inspire à Carpeaux une œuvre forte. La violence de la mise en scène porte en elle-même la condamnation de l’acte représenté. La composition aux lignes obliques et dynamiques, réparties de part et d’autre du groupe central où un jésuite se précipite devant le prélat pour tenter de le sauver en se sacrifiant à sa place, permet une mêlée des corps des bourreaux et des victimes. Des couleurs lumineuses, posées par empâtements, renforcent l’agitation de cet événement nocturne.

Au tumulte ambiant au milieu duquel une première victime s’est effondrée, Carpeaux oppose l’impassibilité héroïque du prélat revêtu de sa soutane violette.

La peinture d’histoire et l’évocation symbolique

En raison d’une santé fragile, Carpeaux ne fut pas mobilisé pendant la guerre de 1870. Il resta donc à Paris pendant le siège, où il multiplia les croquis sur la ville et son animation inhabituelle – des scènes saisies avec rapidité, qui restituent des ambiances crépusculaires annonçant la fin d’une époque.

Dans cette même veine sombre, Carpeaux a également représenté des scènes de la Commune à laquelle il n’assista pas puisqu’il s’était installé à Londres dès mars 1871. C’est là que, sculpteur voulant faire œuvre de peintre d’histoire, il réalisa ses toiles sur la mort de Monseigneur Darboy, avec pour seules sources les informations imprécises publiées par la presse. C’est pourquoi à la description il préféra l’évocation, doublée d’une citation picturale explicite de La Lapidation de saint Étienne de Rubens. Avec une ambition moins politique que morale, il élabora sa composition dans un registre résolument pathétique et théâtral qui lui permettait d’évoquer l’événement sans être prisonnier de la précision du témoignage.

Bernard NOËL, Dictionnaire de la Commune, 2 vol., Paris, Flammarion, coll. « Champs », 1978.

Bertrand TILLIER, « Darboy, martyr de Versailles », Histoire par l'image [en ligne], consulté le 01/10/2022. URL : histoire-image.org/etudes/darboy-martyr-versailles

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