Marat assassiné, 13 juillet 1793.

Marat assassiné, 13 juillet 1793.

Lieu de conservation : musée du Louvre (Paris)
site web

Date de création : 1793

Date représentée : 13 juillet 1793

H. : 157

L. : 136

Huile sur toile. Copie exécutée par Gioacchino Giuseppe Serangelid ans l'atelier de David d'après un original conservé au musée de Bruxelles Historique propriétaires : David Louis ; David Jules ; Napoléon prince (1868) ; Durand-Ruel, Paris (1889) ; Terme

© Photo RMN - Grand Palais - G. Blot / C. Jean

http://www.photo.rmn.fr

88EE1965 /RF 1945-2

Marat, martyr de la Révolution

Date de publication : Mars 2016

Auteur : Robert FOHR et Pascal TORRÈS

Jean-Paul Marat est l’une des figures emblématiques de la Révolution dont il incarne l’ « extrême gauche ». Sa célèbre phrase : « Rien de superflu ne saurait appartenir légitimement, tandis que d’autres manquent du nécessaire », traduit le fond de sa pensée sociale.

Dès 1789, Marat élabora un projet de monarchie constitutionnelle. Mais c’est surtout son activité journalistique qui le rendit célèbre : sous le nom de « l’ami du peuple » (titre du journal qui succéda au Publiciste parisien, puis surnom personnel de Marat), il mena son combat politique contre le roi puis contre les girondins. Accusé par ces derniers le 14 avril 1793, triomphalement acquitté par le tribunal révolutionnaire le 24 avril, Marat reprit son siège à l’Assemblée nationale.

Le 13 juillet 1793, alors qu’il prenait un bain pour soigner son eczéma, il fut assassiné par Charlotte Corday, lointaine descendante du poète Corneille, liée au milieu des girondins.

Le 14 juillet 1793, au lendemain de la mort de Marat, Guirault, porte-parole de la section du Contrat social, demanda au peintre David d’immortaliser Marat : « Ô crime ! une main parricide nous a ravi le plus intrépide défenseur du peuple. Il s’est constamment sacrifié pour la liberté. Voilà son forfait. [...] Où es-tu David ? Tu as transmis à la postérité l’image de Lepelletier, mourant pour la Patrie, il te reste un tableau à faire ! »

David accepta cet hommage et fut aussi chargé de la mise en scène des funérailles de Marat : « Il a été arrêté que son corps serait exposé couvert d’un drap mouillé qui représenterait la baignoire et qui, arrosé de temps en temps, empêcherait l’effet de putréfaction. » Telle fut la mise en scène de l’exposition publique du corps de Marat, torse nu, montrant sa blessure mortelle. La baignoire, l’encrier et le billet étaient exposés au bas du piédestal. Ce sont ces éléments que l’on retrouve dans la composition de David.

Symbole de la passion de l’ami du peuple, cette composition de David (réalisée pour être exposée à la Convention ainsi que le portrait aujourd’hui disparu de Le Peletier de Saint-Fargeau) sacralise le martyre révolutionnaire. Le drap reprisé, le sang versé, la densité spirituelle émanant de cette sorte de « pietà républicaine », tout concourt à provoquer chez le spectateur, en l’occurrence les représentants du peuple, une catharsis où le sens de la vertu et de l’honneur prend sa source dans la nouvelle Rome républicaine héritière de Caton.

Offert par David le 14 novembre 1793 à la Convention, le tableau original fut exposé dans la salle d’assemblée avec celui de Le Peletier, de part et d’autre de la tribune du président. C’est sa force politique qui le fit déposer le 9 février 1795 : la Révolution, en pleine réaction bourgeoise, ne pouvait plus supporter la présence d’un tel manifeste d’héroïsme et d’abnégation. « Il y a dans cette œuvre, écrira Baudelaire en 1846, quelque chose de tendre et de poignant à la fois ; [...] Cette peinture était un don à la patrie éplorée, et nos larmes ne sont pas dangereuses. »

Jean-Claude BONNET (dir.), La Mort de Marat, Paris, Flammarion, 1986.

Olivier COQUART, Marat, Paris, Fayard, 1993.

« Marat », in Dictionnaire critique de la Révolution française, Paris, Flammarion, 1988, rééd. coll. « Champs », 1992.

COLLECTIF, La Révolution française et l’Europe 1789-1799, catalogue de l’exposition, Paris, RMN, 1989.

COLLECTIF, De David à Delacroix, catalogue de l’exposition, Paris, Grand Palais, 1974-1975.

Robert FOHR et Pascal TORRÈS, « Marat, martyr de la Révolution », Histoire par l'image [en ligne], consulté le 27/06/2022. URL : histoire-image.org/etudes/marat-martyr-revolution

La notice de l’œuvre originale sur le site des musées royaux des Beaux-Arts de Belgiquehttp://www.fine-arts-museum.be/fr/la-collection/jacques-louis-david-marat-assassineLa notice de la copie de l’œuvre sur le site du musée du Louvrehttp://cartelfr.louvre.fr/cartelfr/visite?srv=car_not_frame&idNotice=27498&langue=frUn article sur le procès de Charlotte Corday sur le site du ministère de la Justicehttp://www.justice.gouv.fr/histoire-et-patrimoine-10050/proces-historiques-10411/le-proces-de-charlotte-corday-22694.htmlBiographie de Jean-Paul Marathttp://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Paul_Marat

Anonyme (non vérifié)

Encore un qui pourrait faire partie de la liste des criminels de guerre ?

mar 21/06/2011 - 06:28 Permalien
Anonyme (non vérifié)

Quels sont les liens/rapports entre Jacques Louis David et Marat.

ven 28/12/2012 - 13:46 Permalien
Anonyme (non vérifié)

pour repondre a ta question marianne ils étais tres amis

mer 29/01/2014 - 13:35 Permalien
Anonyme (non vérifié)

Quels sont les liens entre le tableau et la littérature ??

mar 11/03/2014 - 19:47 Permalien
Anonyme (non vérifié)

Pouvez-vous préciser ce qui est concrètement marqué sur la feuille dans la main gauche de Marat?

Merci

sam 07/06/2014 - 02:08 Permalien
Anonyme (non vérifié)

Son nom s'écrit "Le Pelletier" et non "Le Peletier"

ven 24/04/2015 - 16:27 Permalien
Anonyme (non vérifié)

avec quel autre tableaux peut-on faire un rapprochement avec La Mort de Marat ses pour mon histoire des arts lundi merci de votre réponse.

sam 27/06/2015 - 13:19 Permalien
Anonyme (non vérifié)

Pourquoi ne pas préciser que Marat est à l'origine de certains des appels au meurtre qui ont conduit aux massacres de septembre ? C'est notamment ce qu'il faut lire sous le vocable "combat politique"

jeu 16/07/2015 - 09:54 Permalien

Ajouter un commentaire

HTML restreint

  • Balises HTML autorisées : <a href hreflang> <em> <strong> <cite> <blockquote cite> <code> <ul type> <ol start type> <li> <dl> <dt> <dd> <h2 id> <h3 id> <h4 id> <h5 id> <h6 id>
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.
  • Les adresses de pages web et les adresses courriel se transforment en liens automatiquement.
CAPTCHA
Cette question sert à vérifier si vous êtes un visiteur humain ou non afin d'éviter les soumissions de pourriel (spam) automatisées.

Mentions d’information prioritaires RGPD

Vos données sont sont destinées à la RmnGP, qui en est le responsable de traitement. Elles sont recueillies pour traiter votre demande. Les données obligatoires vous sont signalées sur le formulaire par astérisque. L’accès aux données est strictement limité aux collaborateurs de la RmnGP en charge du traitement de votre demande. Conformément au Règlement européen n°2016/679/UE du 27 avril 2016 sur la protection des données personnelles et à la loi « informatique et libertés » du 6 janvier 1978 modifiée, vous bénéficiez d’un droit d’accès, de rectification, d’effacement, de portabilité et de limitation du traitement des donnés vous concernant ainsi que du droit de communiquer des directives sur le sort de vos données après votre mort. Vous avez également la possibilité de vous opposer au traitement des données vous concernant. Vous pouvez, exercer vos droits en contactant notre Délégué à la protection des données (DPO) au moyen de notre formulaire en ligne ( https://www.grandpalais.fr/fr/form/rgpd) ou par e-mail à l’adresse suivante : dpo@rmngp.fr. Pour en savoir plus, nous vous invitons à consulter notre politique de protection des données disponible ici en copiant et en collant ce lien : https://www.grandpalais.fr/fr/politique-de-protection-des-donnees-caractere-personnel

Partager sur

Découvrez nos études

L'assassinat de Bassville à Rome

Les événements qui aboutissent à la proclamation de la république le 21 septembre 1792 ont entraîné une détérioration rapide des relations entre…

L'assassinat de Bassville à Rome
L'assassinat de Bassville à Rome

Jean-Baptiste Troppmann

Une affaire alsacienne à la veille de la guerre franco-prussienne

Le 20 septembre 1869 au matin, dans la plaine de Pantin, un cultivateur déterre…

Jean-Baptiste Troppmann
Jean-Baptiste Troppmann

L’histoire de France à travers les images d’Épinal

Révolution de l’imprimé et refondation scolaire

Ces trois planches, parmi les centaines de milliers dessinées à Épinal tout au long du XIXe siècle…

L’histoire de France à travers les images d’Épinal
L’histoire de France à travers les images d’Épinal
L’histoire de France à travers les images d’Épinal

L’attentat de Sarajevo

Un retentissement international

Survenu dans un contexte international tendu entre les grandes puissances européennes, l’assassinat de l’archiduc…

L’attentat de Sarajevo
L’attentat de Sarajevo

Hélène Jégado, la Brinvilliers bretonne

Un procès en marge du coup d’État de Louis Napoléon Bonaparte

Statistiquement parlant, les empoisonneuses sont particulièrement nombreuses sous la…

Figures d’assassins célèbres

La peine capitale

Au XVIIIe siècle, à l’époque des Lumières, le bien-fondé de la peine de mort suscite de grands débats : l’idée…

Figures d’assassins célèbres
Figures d’assassins célèbres
Figures d’assassins célèbres

L'assassinat du duc de Berry

La fin de la branche aînée ?

Le 13 février 1820, le duc de Berry, second fils de Monsieur, frère du roi et futur Charles X, était assassiné par l’…

L'assassinat du duc de Berry

Né à Versailles le 24 janvier 1778, Charles Ferdinand d’Artois, duc de Berry, est le fils puîné de Marie-Thérèse de Sardaigne, plus connue sous le…

L'assassinat du duc de Berry
L'assassinat du duc de Berry
La découverte du corps du député socialiste assassiné Giacomo Matteotti

L'affaire Matteotti (1924) : le tournant fasciste

Une sombre affaire d’État

Le 16 août 1924, entre 7h30 et 8 heures du matin, plus de deux mois après son enlèvement en plein cœur de Rome, les …

L’affaire Calas

Un des grands combats de Voltaire contre l’erreur judiciaire

L’affaire Jean Calas commence le 13 octobre 1761, lorsque ce négociant protestant…

L’affaire Calas
L’affaire Calas