Le maréchal Foch.

Le maréchal Foch.

Le maréchal Foch et les Alliés.

Le maréchal Foch et les Alliés.

Le maréchal Foch (1851-1929).

Le maréchal Foch (1851-1929).

Le maréchal Foch.

Le maréchal Foch.

Le maréchal Foch.

Le maréchal Foch.

Date de création : 1925

Date représentée :

H. : 57

L. : 42

Pastel sur papier. Vers 1919.

© Paris - Musée de l'Armée, Dist. RMN - Grand Palais - Photographe inconnu

http://www.photo.rmn.fr

06-519003 / 23851 ; Ea 755; 4368 DEP

Le maréchal Foch, portraits officiels

Date de publication : Septembre 2008

Auteur : Claire MAINGON

Un général dans la Grande Guerre

Ferdinand Foch (1851-1929) fut l’une des personnalités militaires essentielles de l’histoire de la Première Guerre mondiale. Historiquement, le Maréchal reste dans les mémoires pour des actions qui ont mené à la victoire des armées alliées. Placé à la tête du XXe corps d’armée dès août 1914, il contribua effectivement à enrayer la progression de l’armée allemande en Lorraine. Adjoint de Joffre, Foch coordonna les troupes alliées qui stoppèrent les Allemands dans leur « course à la mer ». Acteur majeur de la première bataille de la Marne, décideur des offensives de l’Artois en 1915 et meneur dans la bataille de la Somme en 1916, le général Foch connut néanmoins de sérieuses difficultés qui auraient pu nuire à sa carrière. Tombé en disgrâce en même temps que Joffre en 1916, il dut son retour à l’état-major aux revers subis par le général Nivelle sur le chemin des Dames plus qu’à l’amitié de Pétain. En 1917, Ferdinand Foch fut nommé chef d’état-major général auprès du gouvernement, ce qui lui permit d’intégrer le sérail ministériel où se prenaient les décisions diplomatiques. Son action culmina au cours de 1918, tandis qu’il était nommé « généralissime » des armées alliées, responsabilité immense puisqu’il avait pour mission d’en coordonner toutes les actions. Foch fut à l’origine de la contre-offensive qui aboutit à la victoire de la seconde bataille de la Marne, puis à la capitulation de l’armée allemande. Le jour de la signature de l’armistice, à laquelle il présida, Ferdinand Foch fut reçu à l’Académie française. Quelques mois auparavant, en août 1918, il avait été gratifié du titre de maréchal de France.

La stature du chef militaire



Les documents réunis représentent différents types de portraits officiels du général et maréchal de France Ferdinand Foch, tous conservés dans les collections du musée de l’Armée. Qu’il s’agisse de portrait en pied, à cheval, d’un portrait ou d’une photographie, l’homme militaire est au cœur de l’image. Au-delà de leur variété, ces images présentent des caractéristiques communes. Elles exaltent la prestance du personnage et relèvent d’une lecture héroïque et idéalisée de l’homme militaire. Le général pose autant devant le peintre que devant l’objectif du photographe. Dans une posture militaire bien droite, Foch apparaît solidement campé, le port altier et le regard sévère. Il se dégage de son apparence physique l’image d’une force tranquille mais inébranlable, une élégance naturelle renforcée par le prestige de l’uniforme. En revanche, rien n’est évoqué, dans ces images, de l’intimité de Foch. L’homme se définit, avant tout, par sa fonction militaire. Ses vêtements militaires, les insignes visibles, sont les marqueurs de son identité.

Les artistes sollicités pour réaliser ces représentations étaient des peintres ou des photographes académiques officiels reconnus et ayant été des acteurs importants de l’histoire par l’image durant la Grande Guerre. Le portrait en buste du maréchal est une œuvre de Marcel Baschet, portraitiste très prisé, dont le frère dirigeait l’un des journaux les plus importants de l’entre-deux-guerres, L’Illustration. Quant à la toile représentant Ferdinand Foch et les Alliés, peinte en 1930, soit un an après la disparition du maréchal de France, il s’agit d’une œuvre de Georges Scott, qui fut l’un des peintres des Missions aux armées lancées par le gouvernement pendant la guerre. Ce portrait équestre est aussi une peinture d’histoire militaire puisqu’il représente Foch au premier plan, suivi de Pershing (général des armées des États-Unis d’Amérique), Haig (commandant en chef des armées britanniques), Weygand (officier général français) et Diaz (militaire italien). Ce portrait équestre entretient également une filiation avec l’imagerie militaire traditionnelle. Le cheval y joue un rôle essentiel, en résonance avec les représentations historiques des grands hommes de l’histoire depuis les chevaliers et les rois de France. Cette image ne renvoie pas à un fait historique précis tel qu’une bataille mais entend plutôt commémorer la mission de Foch de coordonner les actions de toutes les armées alliées durant l’année 1918. L’image permet de véhiculer cet esprit d’alliance et de cohésion, de solidarité mutuelle, qui représentait l’un des enjeux de la victoire. La position au-devant de l’image révèle le rôle de meneur tenu par Foch dans cette opération militaire. Elle laisse entendre que son charisme et son tempérament volontaire ne furent pas étrangers à la victoire sur l’Allemagne.

L’action et la puissance guerrière ne sont, dans ces images, que suggérées. Le général et futur maréchal de France se révèle aussi comme un chef politique et militaire. Lorsque Marcel Baschet dresse son portrait en 1919, le général a achevé sa carrière. Devenu maréchal, académicien, il présente le visage d’un homme expérimenté. Âgé de soixante-huit ans, Foch, nommé président du Conseil supérieur de la guerre, connaissait son apogée. Bien que la démobilisation soit à cette époque un processus en cours, la photographie de Vizzavona indique cependant que l’atmosphère de la guerre n’était pas si lointaine.

L’image patriotique du général Foch


À l’instar de Pétain, Fayolle, Manoury ou Mangin, Ferdinand Foch fait partie des chefs militaires d’exception dans l’histoire de la Première Guerre mondiale. Pour chacun d’eux, l’image a joué un rôle essentiel de propagande. Généralement confiée à des peintres d’histoire réputés ou à des illustrateurs officiels, elle diffuse et renforce le prestige associé à la personnalité charismatique. De la même façon que Napoléon Ier s’était attaché un certain nombre d’artistes pour réaliser des effigies à sa gloire, les hommes influents de la Grande Guerre ont eu des portraitistes attitrés. Georges Scott fut de ces artistes sollicités pour l’imagerie des grands généraux, et notamment de Ferdinand Foch. Les œuvres de ce peintre du ministère de la Guerre, agréé par le musée de l’Armée, furent souvent reproduites dans les journaux du temps, et plus spécifiquement dans L’Illustration. Elles représentent des images « politiquement correctes » dans ce moment de censure exercée par le gouvernement sur la presse et l’investigation journalistique. Scott travaillait le plus souvent en atelier, à l’aide de photographies. Il n’est pas impossible d’imaginer qu’il ait pu faire usage de clichés tels que celui du photographe François Antoine Vizzavona. L’image est aussi très utile et nécessaire pour perpétuer la gloire ou la mémoire des grands chefs militaires après les événements qui les ont rendus célèbres..

Pierre VALLAUD, 14-18, la Première Guerre mondiale, tomes I et II, Paris, Fayard, 2004.

Claire MAINGON, « Le maréchal Foch, portraits officiels », Histoire par l'image [en ligne], consulté le 12/08/2022. URL : histoire-image.org/etudes/marechal-foch-portraits-officiels

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