Le port de Bordeaux.

Le port de Bordeaux.

Lieu de conservation : musée d’Orsay (Paris)
site web

Date de création : 1874

Date représentée : 1874

H. : 70,5

L. : 102

Huile sur toile.

© Photo RMN - Grand Palais - J.-G. Berizzi

http://www.photo.rmn.fr

97-010321 / RF2716

Le port de Bordeaux

Date de publication : Septembre 2008

Auteur : Bernard COLOMB

Le dynamisme retrouvé de l’ancienne porte des Antilles

Dans le dernier tiers du XIXe siècle, le port de Bordeaux a connu une période de croissance remarquable alors que, à partir de 1873, plusieurs crises secouaient l’économie des pays industrialisés. En France, la multiplication des expériences politiques depuis 1789 n’a pas empêché le pays d’entrer de plain-pied dans l’âge industriel, suivant et imitant l’Angleterre. L’instabilité politique est encore à l’ordre du jour en 1874. La IIIe République, proclamée quatre ans auparavant, reste menacée dans son existence par la puissance des monarchistes qui, en 1873, sont parvenus à remplacer le président Thiers par Mac-Mahon.

Au-delà des turbulences politiques du moment, le choix économique du libre-échange opéré par le régime impérial dès 1860 concourt à la prospérité retrouvée de la ville et de son port. Bordeaux, porte sur l’Atlantique, avait connu une période d’enrichissement lorsque le commerce transatlantique triangulaire battait son plein. Puis étaient venues les années moins fastes avec, en 1806, la mise en place du blocus continental par Napoléon Ier. Dans cette ville qui a manqué le rendez-vous de l’industrialisation sous le second Empire, l’activité portuaire constitue le témoin et le vecteur essentiel du dynamisme économique. Eugène Boudin y résida pendant l’année 1874 et représenta à plusieurs reprises le port, utilisant une technique proche de celle de ses amis impressionnistes avec lesquels il exposa pour la première fois cette même année.

Eugène Boudin saisit l’activité bruissante du commerce du vin

Le peintre s’est installé au-dessus du quai des Chartrons, quartier situé dans le nord-ouest de Bordeaux et intimement lié au commerce portuaire, et saisit, dans une composition bipartite, l’activité frénétique qu’il ne goûtait guère. La moitié supérieure du tableau est marquée par l’agitation des éléments. Les nuages cachent le soleil aquitain, dont on devine l’intensité grâce aux rayons qui, perçant les nuées, révèlent la blancheur de la ville à droite de la flèche de l’église Saint-Michel. La partie inférieure répond à cette agitation. Au premier plan, la rive sablonneuse auprès de laquelle sont amarrées les allèges grouille d’activité. Sans relâche, les fardiers transbordent les marchandises entre les wagons (un embranchement ferroviaire s’achève à droite) et les bateaux. Des groupes d’hommes et de femmes s’égrènent sur la grève parmi lesquels nombre d’acteurs du commerce du vin. Le fleuve, d’une blancheur laiteuse, est couvert de bateaux au mouillage, des voiliers en majorité, en instance de chargement, avant leur départ vers l’Europe du Nord ou le Nouveau Monde.

Succès de la bourgeoisie négociante

Le rendez-vous manqué avec la révolution industrielle n’empêche pas Bordeaux et son port d’être dynamiques. La conjoncture locale suit les fluctuations nationales, croissance jusqu’en 1880, ralentissement (1880-1900) puis prospérité de la Belle Époque. Entre 1860 et 1880, les importations (essentiellement des matières premières) et les exportations (vins) triplent en volume et en valeur. Plus que le commerce avec les autres ports français, c’est le commerce avec l’extérieur qui progresse entre le second Empire et la IIIe République. Il se répartit entre l’Europe du Nord, dominée par le port de Londres, et le Nouveau Monde où les pays latino-américains émergent au côté des États-Unis. Les Antilles ne constituent plus un marché dynamique. Le libre-échange profite aux activités économiques de Bordeaux. La chambre de commerce, émanation de la bourgeoisie négociante, ne s’y trompe pas qui dénonce toute mesure protectionniste. Depuis 1860, ces entrepreneurs tissent un réseau serré de relations avec l’étranger et modernisent la flotte. Leur esprit d’entreprise se traduit avant 1914 par la construction de nouvelles infrastructures portuaires et par le développement d’un pôle industriel moderne.

Scènes du Bordeaux d’autrefois, catalogue de l’exposition du musée d’Aquitaine, décembre 1993-mars 1994, Bordeaux, Musée d'Aquitaine, 1994.Alain BELTRAN et Pascal GRISET, La Croissance économique de la France, 1815-1914, Paris, Armand Colin, 1994.Louis DESGRAVES et Georges DUPEUX, Bordeaux au XIXe siècle, Bordeaux, Fédération historique du Sud-Ouest, 1969.Georges DUBY (dir.), Histoire de la France urbaine, tome IV, « La Ville de l’âge industriel », par Maurice AGULHON, Françoise CHOAY, Maurice CRUBELLIER, Yves LEQUIN et Marcel RONCAYOLO, Paris, Le Seuil, 1983, rééd.coll. « Points Histoire », 1998.Gérard JEAN-AUBRY, Eugène Boudin d’après des documents inédits. L’homme et l’œuvre, Paris, Éditions Bernheim Jeune, 1922.

Bernard COLOMB, « Le port de Bordeaux », Histoire par l'image [en ligne], consulté le 28/06/2022. URL : histoire-image.org/etudes/port-bordeaux

Anonyme (non vérifié)

en quel année le port de Bordeaux a-t-il été construit

mar 18/09/2012 - 18:54 Permalien
Anonyme (non vérifié)

Bonjour,

Selon le site http://www.bordeaux-port.fr/fr/historique : "Le port de Bordeaux est un port d’estuaire ancien, situé à un carrefour de routes terrestres, fluviales et maritimes.
Dès -300 avant Jésus-Christ, les Bituriges Vivisques, issus des peuples celtes descendus vers le sud, sont séduits par son emplacement et s’y installent. Bordeaux, centre actif de trafic maritime, est déjà célèbre à l’époque : métaux, vins, huile, cuivre et poterie transitent par son port, débouché de l’axe Méditerranée - Atlantique."

A bientôt,

Anne-Lise

jeu 20/09/2012 - 10:41 Permalien

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