Les françaises veulent voter

Les françaises veulent voter

Date de création : 1909

Date représentée :

H. : 0

L. : 0

dessin original au fusain

© Collections La Contemporaine

Les suffragettes

Date de publication : Mars 2016

Auteur : Danielle TARTAKOWSKY

Les Françaises veulent voter
L’Union française pour le suffrage des femmes, créée en 1909 par Jeanne Schmahl avec l’appui du journal La Française, est bientôt dirigée par Cécile Brunschvig, femme du philosophe Léon Brunschvig. Cette association qui regroupe des militantes républicaines pour la plupart issues de la bourgeoisie ou des milieux intellectuels ne réclame, dans l’immédiat, que le droit de vote et l’éligibilité aux élections municipales. Elle compte 12 000 adhérentes en 1914. Le suffrage universel masculin est, en France, une conquête de 1848. Son extension aux femmes est mise à l’ordre du jour de la Chambre en février 1914 sans aboutir. Cette organisation modérée qu’est l’UFSF s’est jusqu’alors tenue en marge des actions spectaculaires sur le modèle britannique ou des candidatures féminines initiées par d’autres organisations déployées sur ce même objectif. En avril 1914, elle est toutefois partie prenante dans le plébiscite féminin lancé par Mme de Witt-Schlumberger. Ce plébiscite, qui coïncide avec le premier tour des élections législatives, doit permettre aux femmes d’affirmer leur désir de voter. Elles sont 500 000 à s’exprimer par le biais d’urnes déposées, pour la plupart, dans les kiosques à journaux. D’où le oui sort, presque unanime.

Une partition des tâches assumée
Cette affiche au fusain montre des femmes, alignées comme convenu dans un bureau de vote, devant l’urne, symbole du suffrage universel, drapée d’un drapeau tricolore dont on devine quelques fragments. La première s’apprête à déposer là son bulletin, la troisième le tient à la main, une quatrième le brandit, en manière de flambeau. La seconde, figure de la mère, penchée sur son nourrisson ne peut le donner à voir. Toutes ont la mise bourgeoise (chaussures fines à talon, manteau de drap). Une seule porte le chapeau mais les autres ont la coiffure serrée qui sied à une femme convenable. « Les Françaises veulent voter », souligne une légende, redondante. Sur l’urne sont affichés les objectifs spécifiés qui les motivent : contre l’alcool, le taudis, la guerre, trois périls constamment dénoncés avant guerre, facteurs de misère, fatals aux familles. Les périls sociaux ne menacent pas directement le milieu auquel ces femmes appartiennent à l’évidence, mais résument leurs activités philanthropiques. Le danger de guerre est en revanche universel.

Deux approches divergentes de la citoyenneté
Cette affiche revendique des préoccupations et une capacité d’expertise propre aux femmes ; des femmes qui devraient être admises à s’exprimer en tant qu’elles représentent des intérêts particuliers. Elle se situe par là dans l’approche utilitariste de la démocratie qui domine dans les pays anglo-saxons, et qui a valu là aux femmes de conquérir de façon précoce des droits politiques, en raison, précisément de cette spécificité. Mais cette conception à laquelle adhèrent alors la plupart des organisations suffragistes françaises contrevient à l’universalisme qui prévaut en France : le suffrage universel dérive là du principe d’égalité entre les individus. La femme est privée du suffrage universel en tant qu’elle n’est pas un individu abstrait. Malgré ces choix stratégiques d’un féminisme modéré, issu de militantes « bonnes élèves de la République », la revendication s’exprime dans des formes qui la rendent inassimilable, si du moins il en était besoin.

Raymond HUARD Le Suffrage universel en France Paris, Aubier, 1991 Michel OFFERLÉ Un homme, une voix ? Histoire du suffrage universel Paris, Gallimard, coll. « Découvertes » 1993.Pierre ROSANVALLON Le Sacre du citoyen Paris, Gallimard, 1995.Christine BARD Les Filles de Marianne, Histoire des féminismes Paris, Fayard, 1995.

Danielle TARTAKOWSKY, « Les suffragettes », Histoire par l'image [en ligne], consulté le 26/06/2022. URL : histoire-image.org/etudes/suffragettes

Anonyme (non vérifié)

Excusez-moi mais qu'est-ce que "CHAVANNAS" ? Vous prétendez que c'est l'auteur mais est-ce une société, un homme...? Je ne trouve nulle part ! De plus, j'ai passé 15 minutes à chercher dans les collections de la BDIC sans y trouver cette affiche. Pouvez-vous m'aider ??

mer 08/04/2015 - 14:58 Permalien
Anonyme (non vérifié)

Bonjour,
Chavannas est l'illustrateur de ce dessin. Il s'agit d'un homme mais nous disposons effectivement de peu d'informations le concernant.

A bientôt,

Juliette.

mer 22/04/2015 - 17:44 Permalien
Anonyme (non vérifié)

Bonjour,
Chavannes est le pseudonyme de David Burnand, dessinateur suisse, fils du peintre Eugène Burnand.
Bien à vous,
Victoria Afanasyeva

jeu 07/03/2019 - 17:08 Permalien

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