Première page du journal historique et de navigation du Capitaine de Vaisseau Nicolas Baudin

Première page du journal historique et de navigation du Capitaine de Vaisseau Nicolas Baudin

Port-Jackson. Nouvelle Hollande (l'actuelle Sydney. Australie).

Port-Jackson. Nouvelle Hollande (l'actuelle Sydney. Australie).

Femme tasmanienne avec son enfant.

Femme tasmanienne avec son enfant.

Kangourous gris de l'île Decrès (actuelle Kangaroo Island, South Australia).

Kangourous gris de l'île Decrès (actuelle Kangaroo Island, South Australia).

Première page du journal historique et de navigation du Capitaine de Vaisseau Nicolas Baudin

Première page du journal historique et de navigation du Capitaine de Vaisseau Nicolas Baudin

Date de création : 1799

Date représentée : 1800-1801

H. : 42,5 cm

L. : 32,5 cm

manuscrit ; dessin ; envre ; lavis

© Centre historique des Archives nationales - Atelier de photographie

http://www.archives-nationales.culture.gouv.fr

MAR/5JJ/35

Le voyage aux terres australes (1800-1804)

Date de publication : Mars 2016

Auteur : Luce-Marie ALBIGÈS

Une expédition d’exploration

En 1800, le continent austral n’a encore été reconnu qu’en partie. Il porte le nom de Nouvelle-Hollande, mais, pour les Hollandais, ce n’est qu’un repère sur la route de Batavia (Java). Par contre, les Anglais y ont installé sur la côte est un début de colonie. Port-Jackson (l’actuelle Sydney) se développe, et l’implantation de colons, pour la plupart forçats déportés[1], commence à donner des résultats pour l’implantation des cultures et de l’élevage. La récolte de la graisse des phoques à trompe est aussi d’un bon rapport commercial.

Les Français n’ont pas eu la même chance : l’expédition de La Pérouse sous Louis XVI s’est perdue corps et biens (1785-1788) puis les troubles intérieurs et extérieurs de la période révolutionnaire n’ont pas permis d’entreprendre de nouvelle expédition. Bonaparte, Premier consul, n’est pas indifférent à l’expansion de l’Angleterre dans ces terres australes qui demeurent une énigme. Il accepte la proposition de l’Institut national d’organiser une exploration géographique et scientifique de ces contrées et en confie la responsabilité à Nicolas Baudin (1750-1803), marin expérimenté et naturaliste amateur, qui avait suggéré l’expédition. Il se peut qu’en dehors des instructions officielles conformes à la tradition de découverte des Lumières, Baudin ait été chargé de recueillir quelques informations sur la colonisation anglaise en Australie et sur l’utilisation à cette fin de condamnés de droit commun.

Des conditions très difficiles

Deux corvettes sont affrétées dans le port du Havre et rebaptisées le Géographe et le Naturaliste, pour illustrer les objectifs géographique, cartographique, zoologique, botanique et anthropologique du voyage. D’importants moyens sont octroyés pour assurer le succès de l’expédition. Des instructions sanitaires complètes sont données et des passeports délivrés par tous les gouvernements d’Europe.

Le départ a lieu le 19 octobre 1800. L’état-major comprend plusieurs officiers de grand avenir et une équipe de vingt scientifiques a soigneusement été sélectionnée. Des artistes sont également recrutés. Les deux navires progressent à des allures très différentes, l’équipage est victime du scorbut et de la dysenterie. Le commandant Baudin mourra de la tuberculose sur le chemin du retour.

A l’arrivée à l’île de France (future île Maurice), en mars 1801, après une longue traversée, un certain nombre de matelots, de scientifiques et de dessinateurs désertent ou demandent à débarquer pour raison de santé. Deux jeunes artistes, Nicolas-Martin Petit, élève de David, et Charles-Alexandre Lesueur sont alors nommés dessinateurs officiels.

Sur les côtes de l’Australie et sur Timor, officiers et savants recueillent une masse d’informations. Descriptions et dessins en ethnologie, zoologie, botanique, relevés géographiques et astronomiques, sont effectués en dépit des difficultés et des circonstances climatiques souvent contraires.

Des résultats scientifiques prodigieux mais peu connus

Deux cent six caisses contenant plus de 23 000 pièces de botanique, de zoologie, de minéralogie sont arrivées au Muséum. Les botanistes à eux seuls ont collecté environ 2 500 espèces inconnues. L’énorme collection de plantes, fleurs, graines, fruits, oiseaux et autres spécimens, rapportée de cette expédition, est destinée à dresser un tableau de l’histoire naturelle du continent et des îles. Elle constitue un apport scientifique sur ce continent plus important que les voyages de Cook. En anthropologie, on découvre que deux groupes ethniques distincts peuplent d’une façon très éparse les côtes de la Nouvelle-Hollande et de la Terre de Diémen (Tasmanie).

En zoologie, les marsupiaux[2] constituent l’une de ces découvertes. Les objets rassemblés vont alimenter les débats scientifiques sur l’évolution des espèces entre les fixistes comme Cuvier et les évolutionnistes comme Lamarck.
A cela s’ajoute un élément essentiel commun aux différentes disciplines abordées par le voyage de Baudin : le magnifique ensemble iconographique élaboré par les deux jeunes artistes de l’expédition, aujourd’hui conservé au Muséum d’histoire naturelle du Havre. Il contient une grande quantité de portraits, de scènes de groupe, de paysages et d’activités de la vie quotidienne qui en font une source exceptionnelle.

Mon voyage aux Terres Australes, Journal personnel du commandant Baudin illustré par Lesueur et Petite texte établi par Jacqueline Bonnemains, Paris, Imprimerie nationale, 2000.

Etienne TAILLEMITE Marins français à la découverte du monde, de Jacques Cartier à Dumont d’Urville Paris, Fayard, 1999.

Olivier CHAPUIS A la mer comme au ciel. Beautemps-Beaupré et la naissance de l’hydrographie moderne (1700-1850) Paris, Presses de l’université de Paris-Sorbonne, 1999.

1. Lors du passage des Français, la population de la ville s'élevait à environ 2 400 habitants dont un tiers de convicts employés aux travaux publics.

2. Les marsupiaux ont un mode de reproduction différent de celui des autres mammifères dits placentaires. L'embryon, après un faible développement grâce aux réserves propres à l'œuf, se loge dans la poche marsupiale où il termine sa croissance. Ces mammifères de l'ère secondaire ont ensuite été supplantés par les mammifères placentaires mieux adaptés. On les rencontre encore en Australie, où il n'y a pas eu de concurrence.

Luce-Marie ALBIGÈS, « Le voyage aux terres australes (1800-1804) », Histoire par l'image [en ligne], consulté le 18/08/2022. URL : histoire-image.org/etudes/voyage-terres-australes-1800-1804

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