La Grève au Creusot (1899).

La Grève au Creusot (1899).

Auteur : ADLER Jules

Lieu de conservation : musée des Beaux-Arts (Pau)
site web

Date de création : 1899

Date représentée : 24 septembre 1899

H. : 231

L. : 302

Huile sur toile

© ADAGP, © Photo RMN - Grand Palais - Bulloz

http://www.photo.rmn.fr

00EE8160/Inv. 01.4.2

La grève au Creusot (1899)

Date de publication : Mars 2016

Auteur : Pierre SESMAT

Au XIXe siècle, les usines Schneider au Creusot sont les plus grandes de France. Pendant trente ans – de 1871 à 1899 –, la paix sociale y est solidement établie, facilitée tout à la fois par la croissance soutenue, le calme des ouvriers satisfaits d’appartenir à une grande entreprise à la pointe du progrès et par le paternalisme des dirigeants soucieux du niveau de vie de leurs « employés » et de leur formation professionnelle.
Cependant en 1898, toute une série de changements entraîne un bouleversement de la situation : les radicaux gagnent les élections de mai ; Eugène II Schneider, nouveau patron trop absorbé par ses tâches parisiennes, accède à la tête de l’entreprise ; l’afflux des commandes entraîne une accélération des cadences de travail et, aussi, des profits dont les ouvriers sont irrités de ne rien percevoir. La question de la création d’un syndicat est à l’ordre du jour.
De mai 1899 à juillet 1900, les usines du Creusot connaissent plusieurs accès de grèves, notamment entre le 31 mai et le 2 juin puis entre le 20 septembre et le 1er octobre. Le 24 septembre 1899 a lieu une grande manifestation réunissant plus de 7 000 personnes, au cours de laquelle les Creusotins remercient leurs voisins de Montchanin pour leur soutien.

C’est cette journée de grève et de manifestation que peint Jules Adler. Tous les éléments constitutifs du tableau sont empruntés à la réalité observée : comme l’attestent ces photographies qui ont été prises du cortège, le paysage marqué à droite par les chevalets des mines Saint-Pierre et Saint-Paul, les manifestants en nombre, la multiplication des drapeaux tricolores et les rameaux pacifiques arrachés aux arbres, la présence des femmes, dont le rôle fut notable pendant la grève, et les enfants portant des tambours…
Cependant Adler modifie certains aspects et les organise différemment. Il choisit notamment de mettre en valeur les mains fraternellement serrées en tête du défilé à la place des tambours et des clairons ; il mélange les âges et creuse les traits des manifestants. Surtout, il représente une foule désordonnée, alors que les usages de la manifestation imposaient un cortège structuré et au pas souvent cadencé.

L’intention principale du peintre est visiblement, grâce au cadrage et au grand format, de transformer celui qui contemple son tableau en spectateur de la manifestation. Au-delà des détails véridiques empruntés au Creusot, c’est un témoignage universel qu’il veut porter. Il peint la condition ouvrière comme un modèle de fraternité malgré la dureté du travail et surtout comme une promesse de libération : la femme portant le drapeau au premier plan n’est-elle pas une « moderne Liberté » reprise de l’allégorie de Delacroix ?
Pour l’historienne Michelle Perrot, à travers ce tableau, « le calme Creusot fournit à l’imagerie de la grève une de ses représentations les plus célèbres ».

Madeleine REBERIOUX, La République radicale ? 1898-1914 Paris, Seuil, coll. « Points Histoire », 1975.Gérard NOIRIEL Les Ouvriers dans la société française, XIX-XXème siècles Paris, Seuil, coll. « Points Histoire », 1986.Michelle PERROT Jeunesse de la grève : France 1871-1890 Paris, Seuil, coll. « Points-Histoire », 1984.Michel WINOCK Le Socialisme en France et en Europe, XIXe-XXe siècles Paris, Seuil, coll. « Points Histoire », 1992.« Le Temps de la lutte des classes »numéro spécial L’Histoire n°195, Janvier 1996.Les Schneider, Le Creusot, une famille, une entreprise, une ville (1856-1960) catalogue de l’exposition, Paris, Fayard-RMN, 1995.

Pierre SESMAT, « La grève au Creusot (1899) », Histoire par l'image [en ligne], consulté le 09/08/2022. URL : histoire-image.org/etudes/greve-creusot-1899-0

Anonyme (non vérifié)

Ceci fut très constructif il m'a appris de nombreuses informations précieuse sur Monsieur Jules ALDER votre point de vue est d'une précision mortel :) !!!

lun 03/10/2011 - 15:12 Permalien
Anonyme (non vérifié)

Tout à fait monsieur Omar malgres que je n'aime pas du tout les arabes bande de sale bougnoule rentre dans ton PAYS !!!

lun 03/10/2011 - 15:14 Permalien

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