Eugénie de Montijo, Impératrice des Français

Eugénie de Montijo, Impératrice des Français

Date de création : 1854

Date représentée :

H. : 113 cm

L. : 97,5 cm

Huile sur toile

© RMN-Grand Palais (Château de Versailles) / Franck Raux

Lien vers l'image

MV 5829 - 15-607669

Eugénie de Montijo, impératrice des Français

Date de publication : mai 2005

Auteur : Robert FOHR et Pascal TORRÈS

Pour assurer sa succession, Napoléon III devait se marier. Après l’échec des négociations avec des familles princières, il épousa en 1853 une jeune fille de grande noblesse espagnole, âgée de 27 ans : Eugénie, comtesse de Téba, fille du comte de Montijo. Napoléon III sut parfaitement instrumentaliser l’échelle d’une alliance dynastique en vantant, ce qui fut très populaire dans les classes moyennes et la bourgeoisie, un mariage d’inclination.

Du mariage naquit un seul enfant, en 1856, le prince impérial. C’est alors qu’Eugénie commença à jouer un rôle politique majeur, faisant valoir des convictions conservatrices et catholiques qui s’accrurent avec les années. Son bellicisme conduisit notamment à la guerre franco-prussienne, qu’elle encouragea. Mais sa mauvaise réputation vint avant tout de son goût du faste, qui fit d’elle le symbole de la « fête impériale ».

L’impératrice Eugénie est représentée à mi-jambes, debout dans un salon en robe blanche de bal, un éventail à la main gauche. Elle porte le cordon de l’ordre de Charles III en sautoir et des roses au bas de son décolleté. Elle se tient entre un fauteuil portant le chiffre de l’empereur, la lettre « N » couronnée, et un guéridon sur lequel paraît, dans la pénombre, un bouquet de fleurs.

Ce portrait est une réplique de celui, conservé à Compiègne, qui valut à l’artiste d’être fait chevalier de la Légion d’honneur. Dubufe se forma auprès de son père Claude-Marie Dubufe, puis à partir de 1834, dans l’atelier de Delaroche. Ses premiers envois au Salon furent remarqués par Baudelaire qui écrivit : « M. Dubufe a un fils qui n’a pas voulu marcher sur les traces de son père et qui s’est fourvoyé dans la peinture sérieuse. » De fait, la peinture d’histoire ne fera pas sa célébrité, mais bien plutôt le portrait mondain. Exposant sans relâche durant quarante ans au Salon, de 1839 à 1879, Dubufe deviendra le portraitiste sans doute le plus prolixe de son temps. La critique n’est pas unanime à célébrer sa manière. Ainsi Calonne voit-il dans ses portraits des « poupées de cire […] des étalages d’épaules nues et de soieries à la mode, des regards audacieux, des fronts sans rougeur, des bouches sans vergogne, des chairs de théâtre, des fleurs et des joues artificielles ». Pour Émile Zola, ses peintures sont des « crèmes fouettées ». Sans doute pour apporter une réponse à ses détracteurs, Dubufe expose au Salon de 1866 un Enfant prodigue (esquisse au musée d’Orsay) qui reçoit un accueil mitigé. Il importe pourtant de lui rendre justice en restituant à ses plus célèbres compositions, tel le Congrès de Paris (1856, Versailles), la juste notoriété qu’elles ont acquise auprès d’un public autrefois admiratif de son art. Par ailleurs, Dubufe fut l’une des figures de l’intelligentsia parisienne, comme en atteste son mariage avec l’une des filles du musicien Zimmermann, belle-sœur de Charles Gounod.

Jean TULARD (sous la direction de), Dictionnaire du Second Empire, Paris, Fayard, 1995.

Robert FOHR et Pascal TORRÈS, « Eugénie de Montijo, impératrice des Français », Histoire par l'image [en ligne], consulté le 01/10/2022. URL : histoire-image.org/etudes/eugenie-montijo-imperatrice-francais

Anonyme (non vérifié)

Pourquoi Eugénie de Montijo est-elle caricaturée sous la forme d'un escargot ?
Merci pour l'explication

sam 09/04/2011 - 02:27 Permalien
Anonyme (non vérifié)

Eugénie de Montijo en escargot ?
Difficile de savoir, à plus forte raison sans voir l'image.

mar 26/04/2011 - 22:37 Permalien

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