Marie-Caroline de Bourbon-Sicile, duchesse de Berry  (1798-1870).

Marie-Caroline de Bourbon-Sicile, duchesse de Berry (1798-1870).

Date de création : 1825

Date représentée :

H. : 91

L. : 71

peinture à l'huile sur toile

© Photo RMN - Grand Palais - P. Bernard

http://www.photo.rmn.fr

89DE1048/MV 8505

La Duchesse de Berry

Date de publication : Mars 2016

Auteur : Pascal TORRÈS

Une jolie veuve

Au moment où ce tableau fut exécuté en 1825, la duchesse de Berry était une jeune veuve de 27 ans. Mariée en 1816 au duc de Berry, second fils du futur Charles X, elle lui avait d’abord donné une fille, puis, après son assassinat par Louvel, en février 1820, un garçon, le duc de Bordeaux, « enfant du miracle » qui assurait le maintien de la couronne dans la branche aînée des Bourbons. Elle devait, après 1830, tenter en vain, de soulever le sud de la France puis la Vendée contre le gouvernement de Louis-Philippe. Arrêtée à Nantes, emprisonnée à la forteresse de Blaye sous la garde du général Bugeaud, elle y accoucha d’un autre enfant, ce qui acheva de la déconsidérer, aux yeux du monde comme à ceux de sa propre famille (elle devait alors déclarer un mariage de pure convenance avec un noble italien trouvé pour la circonstance, le comte de Lucchesi-Palli). Mais au moment où le tableau fut peint, elle était encore populaire, donnant à la famille royale l’éclat de la jeunesse.

Un portrait à la mode

Marie-Caroline porte ici une robe de satin blanc, tout juste rehaussée d’une rose attachée à son corsage. Mais c’est sa toque qui retient l’attention, dans une note volontairement pittoresque qui évoque l’Ecosse, pays alors très en vogue en France et dans le reste de l’Europe grâce en particulier aux romans de Walter Scott, vogue qui n’allait pas se démentir avant plusieurs années : en 1829 la duchesse de Berry donna ainsi aux Tuileries un bal costumé célèbre sur le thème de Marie Stuart.

Mais le choix du portraitiste révèle aussi un goût « moderne » et le souci d’être très à la page. Lawrence, célèbre depuis plusieurs décennies en Grande-Bretagne, jouit en effet, après 1815, d’une renommée sans équivalent sur le continent, que renforça encore la large diffusion de gravures tirées de ses œuvres. Il peignit ainsi pour Windsor les souverains vainqueurs de Napoléon. C’est aussi sur l’ordre du souverain britannique qu’il revint à Paris durant l’été 1825 pour faire poser le roi Charles X, nouvellement sacré, ainsi que son fils, le duc d’Angoulême, devenu Dauphin. Il rencontra la duchesse à cette occasion, et c’est alors qu’il fit d’elle ce portrait plus intime qu’officiel (elle tient un face-à-main qui rappelle élégamment le trouble oculaire dont elle était affectée), qui connut une grande popularité, par l’estampe mais aussi par de nombreuses copies, certaines étant réalisées à la demande même du modèle.

Le savoir-faire de Lawrence, l’opposition favorite chez lui du blanc et du rouge, qui donne un effet très spectaculaire, la touche très enlevée et apparente ainsi que le rendu à la fois réaliste et distancié de la physionomie, sont également caractéristiques aux yeux du public de l’époque de l’école anglaise en général.

Dans la France de la Restauration, le Royaume-Uni est synonyme de modernité aussi bien par son développement économique ou son mouvement intellectuel que par la popularité de ses artistes, écrivains, acteurs et même ses graveurs, sans négliger quelques grandes figures de peintres. Le modèle anglais existe dans bien des domaines, et une réelle anglophilie, pour ne pas dire anglomanie, anime alors les classes supérieures de la société française : on en a ici d’une certaine manière un exemple.

Antoine de BAEQUE, Françoise MÉLONIO Histoire culturelle de la France , t.3 , « Lumières et libertés : les dix-huitième et dix-neuvième siècles »Paris, Seuil, 1998.Ian BURUMA L'anglomanie, une fascination européenne Paris, Bartillat, 2001.Claire CONSTANS Musée national du château de Versailles.Les Peintures , 2 vol.Paris, RMN, 1995.Francis DÉMIER La France du XIXe siècle Paris, Seuil, coll. « Points Histoire », 2000.Edmond DUPLAND Marie-Caroline, duchesse de Berry Paris, France-Empire, 1996.Emmanuel de WARESQUIEL, Benoît YVERT Histoire de la Restauration : naissance de la France moderne Paris, Perrin, 1996.Antoine de BAEQUE, Françoise MÉLONIO Histoire culturelle de la France , t.3 , « Lumières et libertés : les dix-huitième et dix-neuvième siècles »Paris, Seuil, 1998.Ian BURUMA L'anglomanie, une fascination européenne Paris, Bartillat, 2001.Claire CONSTANS Musée national du château de Versailles.Les Peintures , 2 vol.Paris, RMN, 1995.Francis DÉMIER La France du XIXe siècle Paris, Seuil, coll. « Points Histoire », 2000.Edmond DUPLAND Marie-Caroline, duchesse de Berry Paris, France-Empire, 1996.Emmanuel de WARESQUIEL, Benoît YVERT Histoire de la Restauration : naissance de la France moderne Paris, Perrin, 1996.

Pascal TORRÈS, « La Duchesse de Berry », Histoire par l'image [en ligne], consulté le 13/08/2022. URL : histoire-image.org/etudes/duchesse-berry

Anonyme (non vérifié)

Bonsoir,

Il s'agit de Marie-Caroline de Bourbon-Siciles - avec un "s", rappelant "Deux-Siciles".

Salutations.

S.

jeu 02/01/2014 - 23:00 Permalien

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