Festin du mariage de Napoléon Ier et de Marie-Louise, 2 avril 1810.

Festin du mariage de Napoléon Ier et de Marie-Louise, 2 avril 1810.

Date de création : 1812

Date représentée : 02 avril 1810

H. : 149

L. : 236

Huile sur toile.

© RMN - Grand Palais (Château de Fontainebleau) / Gérard Blot

Lien vers l'image

94-018406 - MV 8071

Le banquet du mariage de Napoléon et Marie-Louise

Date de publication : Janvier 2011

Auteur : Guillaume NICOUD

Un mariage selon l’étiquette

Au faîte de sa puissance, Napoléon divorce d’avec Joséphine et cherche un nouveau « ventre » qui puisse lui assurer une descendance. Il réussit à obtenir la main de Marie-Louise, fille de l’empereur François Ier d’Autriche, s’alliant ainsi avec la prestigieuse maison des Habsbourg. Toutes les cérémonies de ce mariage suivent un rigoureux protocole repris de l’Ancien Régime. Élève de son beau-père François-Joseph Casanova (le frère du célèbre aventurier) puis de David, le peintre Alexandre Dufay, dit Casanova, espère percer dans le monde artistique avec cette toile consacrée au repas public du 2 avril et exposée au Salon du Louvre en 1812.

Grand couvert

À dix-huit heures, après la cérémonie religieuse et la parade de la garde, a lieu le grand couvert, repas que le souverain prend en public avec sa famille aux Tuileries. Les convives ont pris place autour d’une table en forme de fer à cheval dressée sur la scène dans un décor à l’antique conçu comme un prolongement de cette nouvelle salle de spectacle, avec coupole, hémicycle et colonnade.

Assis au centre, Napoléon invite de la main Marie-Louise à se servir. Les membres de la famille impériale sont placés suivant leur rang sur des tabourets de part et d’autre du couple impérial. À la droite de l’Empereur : Madame Mère, le roi Louis de Hollande, Jérôme de Westphalie, le prince Borghèse, duc Guastalla, Joachim Murat, roi de Naples, Eugène, vice-roi d’Italie, et le grand-duc héréditaire de Bade. À gauche de la nouvelle impératrice : Julie, reine d’Espagne (son époux Joseph est absent), Hortense de Hollande, Catherine de Westphalie, Elisa, grande-duchesse de Toscane, Pauline Borghèse, Caroline, reine de Naples, Ferdinand, archiduc d’Autriche (duc de Wurzbourg et oncle de Marie-Louise), Augusta, vice-reine d’Italie, et Stéphanie de Bade.

La table est dressée avec le grand vermeil et le surtout du service de l’Empereur composé de pièces réalisées d’après l’antique en biscuit de porcelaine blanche de Sèvres. Des carafes d’eau et de vin sont disposées devant les convives qui se font servir tandis que les plats leur sont apportés après découpe.

L’Empereur est servi par son colonel général de la garde de service (le duc d’Istrie), son grand écuyer (le duc de Vicence) et son échanson le grand chambellan (le comte de Montesquiou). L’Impératrice est servie quant à elle par son chevalier d’honneur (le comte de Beauharnais), son premier écuyer (le prince Aldobrandini) et un préfet de service. Préfets du palais, aides des cérémonies et pages s’affairent aussi derrière la famille impériale. Au bout de la table à gauche, mais debout, le grand maréchal du palais (le duc de Frioul) et, à droite, le grand maître des cérémonies (le comte de Ségur) assistent à la scène, avec à l’arrière les hauts dignitaires, le corps d’État et le corps diplomatique. Dans les loges se pressent des femmes et des hommes de la cour.

« Si c’est imposant, ça n’est pas gai »

Ce banquet dura une vingtaine de minutes. Selon l’officier Coignet, spectateur du grand couvert, « on ne soufflait pas mot. Il ne fut permis de parler que lorsque le souverain maître adressa la parole à son voisin. Si c’est imposant, ça n’est pas gai ».

Ce festin rappelle le souper du précédent grand mariage princier français : celui du dauphin –futur Louis XVI – avec Marie-Antoinette, grand-tante de Marie-Louise, dans le nouvel opéra du château de Versailles le 16 mai 1770. Car Napoléon rétablit alors en France une vie de cour qui reprend l’étiquette et les fastes de l’Ancien Régime, rapprochant ainsi le régime impérial des autres monarchies européennes.

Alexandre Dufay dit Casanova ne présenta que ce tableau au Salon de 1812. L’État ne l’acquit pas, malgré la présence flatteuse de Denon, directeur du musée Napoléon, dans la loge de gauche. La vie tumultueuse d’Alexandre Dufay le mena de Calcutta, dès 1829, au nord de l’Inde où il devint peintre du roi d’Aoude.

Dominique-Vivant Denon : l’œil de Napoléon, catalogue de l’exposition du musée du Louvre, 20 octobre 1999-17 janvier 2000, Paris, R.M.N., 1999, n° 161, p. 158-159.Versailles et les tables royales en Europe : XVIIe-XIXe siècles, catalogue de l’exposition du musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, 3 novembre 1993-27 février 1994, Paris, R.M.N., 1993, n° 313, p. 196-197.

Guillaume NICOUD, « Le banquet du mariage de Napoléon et Marie-Louise », Histoire par l'image [en ligne], consulté le 28/09/2022. URL : histoire-image.org/etudes/banquet-mariage-napoleon-marie-louise

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