Première distribution des décorations de la Légion d'honneur, le 15 juillet 1804.

Première distribution des décorations de la Légion d'honneur, le 15 juillet 1804.

Date de création : 1812

Date représentée : 15 juillet 1804

H. : 403 cm

L. : 531 cm

huile sur toile. Titre complet :Première distribution des décorations de la Légion d'honneur, faite par Napoléon dans l'église de l'hôtel impérial des Invalides, le 14 juillet 1804.

© RMN - Grand Palais (Château de Versailles) / image RMN-GP

Lien vers l'image

MV 1504 - 87-000508

Création de la Légion d'honneur

Date de publication : Mars 2016

Auteur : Robert FOHR et Pascal TORRÈS

Les distinctions avaient été supprimées en 1791. Une fois au pouvoir, Bonaparte décida de créer un ordre national pour récompenser le mérite civil et la bravoure militaire. Un décret du Corps législatif voté le 19 mai 1802 et proclamé loi de la République le 29 mai suivant créa la Légion d’honneur, destinée à décorer les élites du pays et à leur servir de creuset. Cependant devant l’opposition des assemblées et surtout celle des généraux, Bonaparte ajourna l’inauguration de la nouvelle institution. Les premières croix attachées à un ruban rouge ne furent remises que deux ans plus tard, à la suite du décret du 11 juillet 1804 créant une décoration « étoile à cinq rayons doubles, émaillée de bleu ».

Sous l’Empire, alors que Napoléon instituait une nouvelle noblesse, la Légion d’honneur reçut une organisation pyramidale proche de celle des anciens ordres de chevalerie, avec des grades allant de celui de « légionnaire » (chevalier) à celui de « grand cordon », réservé aux dignitaires du régime. De 1802 à 1814, 48 000 légionnaires furent nommés, dont seulement 1 400 civils. Une mission d’entraide fut ensuite donnée à l’ordre par le décret de Schönbrunn (15 décembre 1805), qui créa trois maisons d’éducation pour les jeunes filles des légionnaires.

Le cardinal Belloy, archevêque de Paris, accompagné de son clergé, reçut l’Empereur à la porte de l’église des Invalides et le conduisit personnellement jusqu’au trône impérial. Napoléon y prit place, ayant derrière lui les colonels et généraux de la garde, le gouverneur des Invalides et les grands officiers de la couronne. Aux deux côtés et sur la seconde marche du trône paraissent les grands dignitaires ; plus bas, à droite, les ministres ; à gauche, les maréchaux de l’Empire ; au pied des marches du trône, le grand maître et les maîtres des cérémonies ; en face de celui-ci, le chancelier et le grand trésorier de la Légion d’honneur. Les aides de camp de l’Empereur sont debout. Entouré des nouveaux chevaliers des différents corps de l’Etat, l’Empereur honore particulièrement le courage malheureux en accrochant lui-même la croix de la Légion d’honneur au vêtement d'un jeune invalide manchot.

Associer le faste du cérémonial à la destinée tragique des soldats de l’Empire, invalides ou défunts, obéit à la nature propagandiste du régime napoléonien. On verra combien l’hommage rendu à sa « vieille garde » par l’Empereur, lors de ses adieux au château de Fontainebleau, insistera encore sur l’enracinement du régime dans les couches populaires. A cet égard, il faut noter que la première distribution de croix de la Légion d’honneur avait été fixée au samedi 14 juillet, pour marquer le lien avec la Révolution. Elle fut reportée au lendemain, jour férié, pour permettre au peuple d’y assister. Toute la légende napoléonienne est ici résumée : l’ordre de la Légion d’honneur, ordre de mérite et non de chevalerie, consacre l’honneur des combattants de l’Empire et non la naissance ou le rang d’une classe aristocratique dont la vocation militaire avait cessé, dès avant la Révolution, de fonder la légitimité.

Achetée en 1812 par l’Etat, cette toile, exposée au Salon de la même année (n° 241), ne pouvait manquer d’être remarquée par l’administration impériale. L’approche anecdotique et sentimentale de Debret, sa dilection pour les scènes où le courage de simples soldats est récompensé par l’Empereur (Napoléon rend hommage au courage malheureux, 1806, Versailles ; Napoléon décore le grenadier Lazareff à Tilsitt, 1808, Versailles), lui assignent une place originale dans la peinture de la légende napoléonienne.

Yveline CANTAREL-BESSON, Claire CONSTANS, Bruno FOUCARD Napoléon, images et histoire : peinture du château de Versailles (1789-1815) Paris, RMN, 2001 Jean TULARD (dir.) Dictionnaire Napoléon Paris, Fayard réed. 1999.

Collectif Napoléon et la Légion d’Honneur , Cat .Exp.Paris, société d’entraide des membres de la Légion d’Honneur, 1968

Personnages représentés : Napoléon Ier ;  Bernard-Germain-Etienne de Laville-sur-Illon, comte de Lacépède ;  Jacques-Louis David ;  Louis-Alexandre Berthier, prince de Wagram ;  Jean-Jacques-Régis de Cambacérès ;  Charles-François Lebrun, duc de Plaisance ;  Joachim Murat ;  Honoré Muraire ;  Michel-Louis-Etienne, comte Regnaud de Saint-Jean d'Angély ;  Dominique-Vivant Denon ;  Raza Roustam ;  Jean-Baptiste de Belloy.

Source : http://collections.chateauversailles.fr/#bc86d89d-ac8b-4e22-a439-7135710...

Robert FOHR et Pascal TORRÈS, « Création de la Légion d'honneur », Histoire par l'image [en ligne], consulté le 08/12/2022. URL : histoire-image.org/etudes/creation-legion-honneur

Anonyme (non vérifié)

Super article.

Dans mes "recherches" j'ai aussi appris pas mal sur ce site (http://jeretiens.net/les-decorations-francaises/) ac la mise en perspective des différents ordres.

lun 24/08/2015 - 20:50 Permalien
Anonyme (non vérifié)

Je ne suis pas d'accord sur l'attribution de la LÉGION D'HONNEUR c'est mon aïeul JACQUES MARGUERITE PILOTTE DE LA BAROLLIERE qui a obtenu la LÉGION D'HONNEUR le 16 OCTOBRE 1803 bien avant jean-baptiste DEBRET le 14 juillet 1804 mon aïeul sa carrière militaire à 11 ans comme garde du corps du duc de Lorraine.

dim 17/07/2016 - 16:29 Permalien

Ajouter un commentaire

HTML restreint

  • Balises HTML autorisées : <a href hreflang> <em> <strong> <cite> <blockquote cite> <code> <ul type> <ol start type> <li> <dl> <dt> <dd> <h2 id> <h3 id> <h4 id> <h5 id> <h6 id>
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.
  • Les adresses de pages web et les adresses courriel se transforment en liens automatiquement.
CAPTCHA
Cette question sert à vérifier si vous êtes un visiteur humain ou non afin d'éviter les soumissions de pourriel (spam) automatisées.

Mentions d’information prioritaires RGPD

Vos données sont sont destinées à la RmnGP, qui en est le responsable de traitement. Elles sont recueillies pour traiter votre demande. Les données obligatoires vous sont signalées sur le formulaire par astérisque. L’accès aux données est strictement limité aux collaborateurs de la RmnGP en charge du traitement de votre demande. Conformément au Règlement européen n°2016/679/UE du 27 avril 2016 sur la protection des données personnelles et à la loi « informatique et libertés » du 6 janvier 1978 modifiée, vous bénéficiez d’un droit d’accès, de rectification, d’effacement, de portabilité et de limitation du traitement des donnés vous concernant ainsi que du droit de communiquer des directives sur le sort de vos données après votre mort. Vous avez également la possibilité de vous opposer au traitement des données vous concernant. Vous pouvez, exercer vos droits en contactant notre Délégué à la protection des données (DPO) au moyen de notre formulaire en ligne ( https://www.grandpalais.fr/fr/form/rgpd) ou par e-mail à l’adresse suivante : dpo@rmngp.fr. Pour en savoir plus, nous vous invitons à consulter notre politique de protection des données disponible ici en copiant et en collant ce lien : https://www.grandpalais.fr/fr/politique-de-protection-des-donnees-caractere-personnel

Partager sur

Découvrez nos études

La galerie des Glaces transformée en ambulance

L’effondrement du Second Empire en 1870 suite aux victoires de l’armée allemande s’accompagna d’une avance rapide de l’ennemi jusqu’à Paris,…

La Fronde

La Fronde des princes et le contrôle de Paris

Depuis 1648, le ministère du cardinal Mazarin, appuyé par la régente Anne d’Autriche, mère du jeune…

L'armée de l'Est

En novembre 1870, Gambetta et son entourage décidèrent de mener une diversion offensive dans l’est de la France, afin de menacer les communications…
L'Illustration, 29 août 1914 : " Leur façon de faire la guerre "

Images de l'Allemand

Entre 1914 et 1918, l’usage intensif d’images représentant la « cruauté de l’ennemi » sous diverses formes (dans les livres, les journaux, les…

Images de l'Allemand
Images de l'Allemand

Une vision sociale de l'armée

La pauvreté et la malnutrition dans la France de la IIIe République

Dans la société française du XIXe siècle, les inégalités sont encore criantes…

La compagnie de tirailleurs sénégalais du capitaine Mangin en manoeuvres, vers 1896-1899

"La Force Noire"

La colonisation française en Afrique à son apogée

La France achève, dans les deux dernières décennies du XIXe siècle, la conquête de…

Commémorations de la guerre 1914-1918

Le panthéon rennais

Le panthéon rennais reflète l’ampleur du traumatisme de la Première Guerre mondiale et le mouvement de prise de conscience…

Papier à vignette de l'armée d'Italie,

Bonaparte et la propagande pendant la campagne d'Italie

Encore peu connu lorsqu’il rejoint l’armée d’Italie pour effectuer des manœuvres de diversion, Bonaparte sait d’emblée s’attacher ses soldats. Son…

Bonaparte et la propagande pendant la campagne d'Italie
Bonaparte et la propagande pendant la campagne d'Italie
Bonaparte et la propagande pendant la campagne d'Italie
La Prise de la forteresse autrichienne majeure de Przemysl avec sa garnison de 120 000 soldats et officiers

Célébrer la guerre : la bataille des images d’Épinal

L’imagerie populaire et l’imaginaire patriotique

Quand éclate la guerre, au début du mois d’août 1914, l’imagerie populaire a déjà amplement gagné…

Célébrer la guerre : la bataille des images d’Épinal
Célébrer la guerre : la bataille des images d’Épinal
Célébrer la guerre : la bataille des images d’Épinal

La déshumanisation des soldats

Pendant les hostilités de 1914 à 1918, dans tous les pays belligérants, les peintres, comme la grande majorité des artistes et des intellectuels,…