Le Roi Charles X visitant les peintures de Gros au Panthéon. 3 novembre 1824.

Le Roi Charles X visitant les peintures de Gros au Panthéon. 3 novembre 1824.

Date de création : 1824

Date représentée : 03 novembre 1824

H. : 230

L. : 185

Huile sur toile

© Château de Versailles, Dist. RMN - Grand Palais / Christophe Fouin

Lien vers l'image

MV 5842 - 18-507764

  • Le Roi Charles X visitant les peintures de Gros au Panthéon. 3 novembre 1824.
  • Le Roi Charles X visitant les peintures de Gros au Panthéon. 3 novembre 1824.

Le Roi Charles X visitant les peintures de Gros au Panthéon. 3 novembre 1824

Date de publication : Mars 2016

Auteur : Barthélemy JOBERT et Pascal TORRÈS

Un décor modifié

Commandé à Gros par Napoléon, le décor de la coupole du Panthéon devait être composé de quatre groupes symbolisant les régimes politiques qui se sont succédé en France et la protection qu’ils ont accordée à la religion. Clovis et Clotilde, premiers souverains chrétiens, devaient précéder Charlemagne, Saint Louis et enfin “ Sa Majesté l’Empereur et Sa Majesté l’Impératrice ”, accompagnés du roi de Rome, “ consacrant la nouvelle église au culte de cette sainte ”, c’est-à-dire sainte Geneviève, patronne de Paris, à qui avait été primitivement dédiée l’église bâtie, sous Louis XV et Louis XVI,

par Soufflot avant que la Révolution ne lui donnât une autre affectation, celle de tombeau pour les grands hommes de la nation.
En 1814, Gros suggère de remplacer Napoléon par Louis XVIII, accompagné de sa nièce, la duchesse d’Angoulême. Dix ans sont nécessaires pour achever son travail, différents éléments étant ajoutés au gré des événements politiques : le duc de Bordeaux prend ainsi tout naturellement la place du roi de Rome, la Charte celle du Code civil, et les trophées du Premier Empire sont remplacés par ceux, tout récents, de la campagne d’Espagne.

Le roi mécène

Charles X, accompagné de l’héritier du trône, le duc d’Angoulême, visite les peintures de Gros sur l’échafaudage même qui a servi au peintre. Les deux hommes sont accompagnés du comte de Chabrol de Volvic, préfet de la Seine, qui fut, entre autres, à l’origine de tout un programme de commandes de peintures religieuses destinées à décorer les églises de Paris, vidées de leurs œuvres d’art par la Révolution. Deux ecclésiastiques soulignent la portée religieuse de la visite, l’archevêque de Paris, monseigneur de Quelen, et l’abbé Ouin-Lacroix, curé de Sainte-Geneviève et auteur d’une histoire de cette église. Gros s’incline devant Charles X, on distingue à l’arrière-plan la coupole où sainte Geneviève protège les quatre souverains, Clovis, Charlemagne, Saint Louis et Louis XVIII.
Charles X complimenta l’artiste en ces termes : “ Monsieur, il y a plus que du talent dans cette vaste composition, il y a du génie ”, et gratifia Gros du titre de baron et de 50 000 francs.

Cette peinture commémore tout d’abord l’achèvement d’un décor illustrant le retour à l’ordre ancien, avec le rétablissement du culte catholique dans une église particulièrement symbolique. Elle célèbre aussi le roi comme mécène : Louis XVIII et Charles X n’étaient pas de véritables connaisseurs, l’essentiel des décisions étant prises par les ministres ou les administrations compétentes, mais le gouvernement n’en jouait pas moins un rôle actif par le biais des achats et des commandes. Promouvoir la figure d’un monarque protecteur des arts, à la manière d’un Louis XIV, allait de soi, et cette peinture commandée à Lemasle sur ordre du roi participe de cette idéologie. Aussi l’intérêt du pouvoir pour les arts se manifeste-t-il à peu près au même moment, dans la cérémonie de clôture du Salon de 1824. Charles X prend donc, en quelque sorte, la succession de François Ier et de Louis XVI, à une époque où les peintres se plaisent à illustrer l’hommage des souverains au génie artistique, comme Charles Quint ramassant à Venise le pinceau de Titien, ou Jules II patronnant Raphaël, Michel-Ange ou Léonard de Vinci.

André CHASTEL, L’Art français, tome IV “ Le temps de l’éloquence 1775-1825 ”,Paris , Flammarion, 2000.Marie-Claude CHAUDONNERET, L’Etat et les artistes de la Restauration à la monarchie de Juillet (1815-1833) Paris, Flammarion, 1999.Emmanuel de WARESQUIEL et Benoît YVERT, Histoire de la Restauration : naissance de la France moderne Paris, Perrin, 1996.

Barthélemy JOBERT et Pascal TORRÈS, « Le Roi Charles X visitant les peintures de Gros au Panthéon. 3 novembre 1824 », Histoire par l'image [en ligne], consulté le 13/08/2022. URL : histoire-image.org/etudes/roi-charles-x-visitant-peintures-gros-pantheon-3-novembre-1824

Ajouter un commentaire

HTML restreint

  • Balises HTML autorisées : <a href hreflang> <em> <strong> <cite> <blockquote cite> <code> <ul type> <ol start type> <li> <dl> <dt> <dd> <h2 id> <h3 id> <h4 id> <h5 id> <h6 id>
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.
  • Les adresses de pages web et les adresses courriel se transforment en liens automatiquement.
CAPTCHA
Cette question sert à vérifier si vous êtes un visiteur humain ou non afin d'éviter les soumissions de pourriel (spam) automatisées.

Mentions d’information prioritaires RGPD

Vos données sont sont destinées à la RmnGP, qui en est le responsable de traitement. Elles sont recueillies pour traiter votre demande. Les données obligatoires vous sont signalées sur le formulaire par astérisque. L’accès aux données est strictement limité aux collaborateurs de la RmnGP en charge du traitement de votre demande. Conformément au Règlement européen n°2016/679/UE du 27 avril 2016 sur la protection des données personnelles et à la loi « informatique et libertés » du 6 janvier 1978 modifiée, vous bénéficiez d’un droit d’accès, de rectification, d’effacement, de portabilité et de limitation du traitement des donnés vous concernant ainsi que du droit de communiquer des directives sur le sort de vos données après votre mort. Vous avez également la possibilité de vous opposer au traitement des données vous concernant. Vous pouvez, exercer vos droits en contactant notre Délégué à la protection des données (DPO) au moyen de notre formulaire en ligne ( https://www.grandpalais.fr/fr/form/rgpd) ou par e-mail à l’adresse suivante : dpo@rmngp.fr. Pour en savoir plus, nous vous invitons à consulter notre politique de protection des données disponible ici en copiant et en collant ce lien : https://www.grandpalais.fr/fr/politique-de-protection-des-donnees-caractere-personnel

Partager sur

Découvrez nos études

Panneau de velours de soie bleu

Un style Restauration ?

Le retour des Bourbons aux Tuileries

Le retour des Bourbons sur le trône de France s’effectua au lendemain du désastre de Waterloo, alors que l’…

Un style Restauration ?
Un style Restauration ?

L'exécution de Marie-Antoinette

Depuis sa fuite et son arrestation à Varennes en juin 1791, le sort de la famille royale était en suspens. La journée insurrectionnelle du 10 août…

La Duchesse de Berry

Une jolie veuve

Au moment où ce tableau fut exécuté en 1825, la duchesse de Berry était une jeune veuve de 27 ans. Mariée en 1816 au duc de Berry,…

Ex-voto de 1662

Une guérison miraculeuse

Au moment où il peint ce tableau, Philippe de Champaigne est un artiste connu et reconnu. Ce peintre flamand installé à…

Du cheval au « vélocipède »

Le « vélocipède » des années 1870 au tournant du XXe siècle

Inventée par Pierre Michaux en 1861, la bicyclette à pédales connaît assez…

Du cheval au « vélocipède »
Du cheval au « vélocipède »

Les derniers moments de Louis XVI

La Convention vota le 17 janvier 1793 la mort du roi par 361 voix pour et 360 voix contre. Le 20 janvier, Garat, ministre de la Justice, vint en…

Les demeures royales

Versailles à la charnière de deux règnes

Cette série de tableaux de Pierre-Denis Martin (1663-1742) s’insère à une période charnière de l’histoire…

Les demeures royales
Les demeures royales
Les demeures royales

Mort de Saint Louis devant Tunis

Un saint dynastique mort en croisade célébré sous la Restauration

Présentée au Salon de 1817, l’œuvre de Georges Rouget, élève de Jacques Louis…

Louis XVI en roi citoyen

Petit-fils de Louis XV auquel il succéda en 1774, Louis XVI n’était guère préparé à assumer la royauté. Imperméable aux idées nouvelles en dépit d…

Allégorie du Retour des Bourbons le 24 avril 1814 : Louis XVIII relevant la France de ses ruines

La monarchie restaurée

Nul n’aurait songé à restaurer les Bourbons sur le trône de France si la défaite puis l’abdication de Napoléon n’avaient…