Dahomey - Milicien petite tenue

Dahomey - Milicien petite tenue

Indochine - Artilleur trompette

Indochine - Artilleur trompette

Sénégal - Spahi grande tenue

Sénégal - Spahi grande tenue

Dahomey - Milicien petite tenue

Dahomey - Milicien petite tenue

Date de création : Vers 1846

Date représentée :

H. : 22,1 cm

L. : 35,2 cm

Estampe aquarellée sur papier.

© RMN-Grand Palais (musée du quai Branly - Jacques Chirac) / Daniel Arnaudet

Lien vers l'image

75.5039 - 94-055118

Les Soldats indigènes dans les troupes coloniales

Date de publication : Juillet 2009

Auteur : Alban SUMPF

Naissance et développement des troupes coloniales

La constitution des troupes de marine au début du XVIIe siècle doit permettre de disposer d’une force pour explorer, occuper, mettre en valeur et défendre les territoires que la France commence à conquérir outre-mer. En 1622, le cardinal de Richelieu crée les Compagnies ordinaires de la mer qui, au nombre de cent, deviennent le régiment « la Marine » en 1626. Le milieu du XVIIIe siècle voit naître les premiers recrutements de soldats indigènes, d’abord les Cipayes aux Indes (1750), puis les Laptots de Gorée au Sénégal (1765), puis au Dahomey et en Indochine à partir du XIXe siècle. Destinée à réorganiser ces troupes devenues de plus en plus diverses et de plus en plus conséquentes, l’ordonnance du 14 mai 1831 les regroupe en deux régiments d’infanterie de marine, les 1er et 2e R.I.M. Avec l’extension de son domaine colonial, la France compte, au milieu du XIXe siècle, quatre régiments d’infanterie de marine, soit cent vingt compagnies, et un régiment d’artillerie de marine de vingt-sept compagnies. Par la loi du 7 juillet 1900, les troupes de la Marine deviennent troupes coloniales.

Trois soldats indigènes des troupes coloniales

Les trois images sont l’œuvre de G. Fréville, qui a réalisé toute une série de dessins sur les différentes troupes et bataillons coloniaux. Uniformes et équipements permettent de situer leur production entre 1870 et 1914.
Réalisés à l’aquarelle, les dessins présentent chacun un soldat indigène, posant debout (de face ou de trois quarts) en tenue militaire. La représentation est colorée et précise : tous les détails des uniformes sont rendus avec soin. L’artiste a par ailleurs nettement individualisé les visages, leur donnant le plus souvent une expression à la fois digne, sévère et guerrière. Sous chaque dessin figure un titre qui indique de quel type de soldats et d’uniformes il s’agit.
Le milicien du Dahomey porte la « petite tenue » : veste et pantalon bleus, bonnet rouge et chaussures basses blanches. Reconnaissable à sa natte et à son couvre-chef, l’artilleur d’Indochine porte une veste et un pantalon blancs de coupe asiatique ainsi que des bandes molletières rouges. Pieds nus, il fait face au peintre et le regarde avec dureté, sa trompette à la main. Enfin le spahi du Sénégal en « grande tenue » se tient les bras croisés. Il porte le casque blanc, la veste rouge, le pantalon bouffant bleu, les bottes noires et le sabre tous typiques de ce corps de cavalerie.

Immortaliser et valoriser les troupes coloniales

Fréville s’est « spécialisé » dans la représentation des nouvelles troupes coloniales : il s’agissait de les faire connaître et, dans un souci documentaire et historique, d’immortaliser ces nouveaux venus dans l’armée française. Il voulait montrer la diversité des hommes et de leurs équipements.
Les dessins sont certes « exotiques », puisque les uniformes et les visages marquent clairement l’origine des soldats des différents corps d’armée. Mais ce qui l’emporte, c’est l’image de combattants qui semblent à la fois redoutables et réellement engagés dans leur fonction, prêts à servir la France dans ces terres lointaines, et bientôt en Europe. Le caractère presque « officiel » de ces dessins ainsi que la pose digne des hommes suggèrent l’idée qu’eux aussi servent la grandeur de la France – qui s’étend non seulement en Europe, mais aussi, entre autres, en Asie et en Afrique.
Il est difficile de mesurer la réception que connut le travail de Fréville à son époque, mais il s’inscrit pleinement dans le développement de l’intérêt à la fois politique, militaire, ethnologique, culturel et artistique que les troupes coloniales suscitent en métropole. Intérêt qui est lui-même lié au second mouvement de colonisation caractérisant le second Empire et surtout la IIIe République.

Jules-Louis LEWAL, Les troupes coloniales, Paris, Baudoin, 1894.

Jean MEYER, Annie REY-GOLDZEIGUER, Jean TARRADE, Jacques THOBIE, Histoire de la France coloniale, des origines à 1914, Paris, Armand Colin, 1990.

Alban SUMPF, « Les Soldats indigènes dans les troupes coloniales », Histoire par l'image [en ligne], consulté le 08/02/2023. URL : histoire-image.org/etudes/soldats-indigenes-troupes-coloniales

Ajouter un commentaire

HTML restreint

  • Balises HTML autorisées : <a href hreflang> <em> <strong> <cite> <blockquote cite> <code> <ul type> <ol start type> <li> <dl> <dt> <dd> <h2 id> <h3 id> <h4 id> <h5 id> <h6 id>
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.
  • Les adresses de pages web et les adresses courriel se transforment en liens automatiquement.
CAPTCHA

Mentions d’information prioritaires RGPD

Vos données sont sont destinées à la RmnGP, qui en est le responsable de traitement. Elles sont recueillies pour traiter votre demande. Les données obligatoires vous sont signalées sur le formulaire par astérisque. L’accès aux données est strictement limité aux collaborateurs de la RmnGP en charge du traitement de votre demande. Conformément au Règlement européen n°2016/679/UE du 27 avril 2016 sur la protection des données personnelles et à la loi « informatique et libertés » du 6 janvier 1978 modifiée, vous bénéficiez d’un droit d’accès, de rectification, d’effacement, de portabilité et de limitation du traitement des donnés vous concernant ainsi que du droit de communiquer des directives sur le sort de vos données après votre mort. Vous avez également la possibilité de vous opposer au traitement des données vous concernant. Vous pouvez, exercer vos droits en contactant notre Délégué à la protection des données (DPO) au moyen de notre formulaire en ligne ( https://www.grandpalais.fr/fr/form/rgpd) ou par e-mail à l’adresse suivante : dpo@rmngp.fr. Pour en savoir plus, nous vous invitons à consulter notre politique de protection des données disponible ici en copiant et en collant ce lien : https://www.grandpalais.fr/fr/politique-de-protection-des-donnees-caractere-personnel

Partager sur

Découvrez nos études

Apparition du Christ à un soldat russe blessé

La guerre juste

Le choc des cultures

Dans une nation moins déchristianisée que la France, où la foi ne constitue pas le principe de ralliement d’un parti (comme…

La guerre juste
La guerre juste
La guerre juste

Les tirailleurs sénégalais dans la guerre de 1914-1918

Cette peinture de Félix Vallotton est datée de juin 1917, quelques semaines à peine après les offensives d’avril-mai sur le front de l’Aisne et de…

Banderole allemande sur étoffe appelant à la désertion

Stratagèmes de l’ennemi

Les musulmans dans la guerre

Les militaires allemands qui ont déployé cette banderole devant leur tranchée ont imité un modèle sans doute élaboré…

Les troupes coloniales dans la Grande Guerre

Les troupes coloniales dans la Grande guerre

« L’armée coloniale » désigne d’abord les soldats chargés de conquérir les colonies puis, assez…

Les troupes coloniales dans la Grande Guerre
Les troupes coloniales dans la Grande Guerre
banania-y-a-bon

« Y’a bon » Banania

L’appel à l’empire

Délaissant l’Antillaise de ses premières affiches, la marque Banania (1914), qui cherche à transformer en produit patriotique…

Expédition de Madagascar : marche de la colonne légère sur Andriba

L’expédition de Madagascar, 1895

Une conquête sous la pression du lobby réunionnais

L’intérêt français pour Madagascar se précise depuis les années 1860. L’enjeu est d’abord…

Les tirailleurs marocains

Les troupes coloniales marocaines dans « la seconde bataille de la Marne »

Libérées du front de l’est par le traité de Brest-Litovsk (1917) qui…

La reprise de Mondement

La reprise de Mondement

La guerre commence le 3 août 1914. Assez rapidement, les Britanniques sont battus à Mons, et les Français sur la Sambre et…

La reprise de Mondement
La reprise de Mondement

"A la gloire de l'Empire colonial"

Les expositions universelles, depuis la première, à Londres, en 1851, ont été pour tous les pays organisateurs l’occasion de manifester leur…

Carte postale allemande.

La contre-propagande allemande sur le thème de la « barbarie »

Dans la bataille de propagandes à laquelle se livrent les belligérants entre 1914 et 1918, les Allemands, en réponse aux accusations d’assassinats…

La contre-propagande allemande sur le thème de la « barbarie »
La contre-propagande allemande sur le thème de la « barbarie »
La contre-propagande allemande sur le thème de la « barbarie »