Retour de Varennes. Arrivée de Louis Seize à Paris, le 25 juin 1791.

Retour de Varennes. Arrivée de Louis Seize à Paris, le 25 juin 1791.

Date de création : 1791

Date représentée : 25 juin 1791

H. : 24

L. : 29

D'après un dessin de J.L. Prieur.AE/II/3032Eau-forte mise en couleurs.

© Centre historique des Archives nationales - Atelier de photographie

http://www.archives-nationales.culture.gouv.fr

AE/II/3032

Retour de Varennes à Paris

Date de publication : Mars 2016

Auteur : Luce-Marie ALBIGÈS

Retour de Varennes à Paris

Retour de Varennes à Paris

Après Varennes

Louis XVI est ramené à Paris, sur ordre de l’Assemblée nationale, le 25 juin 1791, après avoir tenté de fuir à l’étranger. Le peuple se précipite en foule sur tout le parcours, mais observe un silence impressionnant. Car, dans Paris, des placards ont été apposés : « Quiconque applaudira le roi sera bastonné, quiconque l’insultera sera pendu. »

Venant du nord-est de Paris, la berline royale passe devant la barrière d’octroi du Roule. Elle suit, par crainte de l’agitation populaire, l’enceinte de Paris appelée mur des Fermiers généraux[1], pour entrer dans la capitale par la barrière de l’Etoile, passer, loin des quartiers populaires, par les Champs-Elysées et rejoindre les Tuileries.

Jérôme Pétion, l’un des trois députés envoyés par l’Assemblée nationale pour ramener le roi à Paris, a relaté ce moment historique[2] où bascule la confiance dans la royauté.

La fuite du roi apparaît comme une trahison et marque profondément les esprits. Après Varennes, l’Assemblée doit accréditer l’idée d’un enlèvement du roi pour sauver son projet de monarchie constitutionnelle et prendre des mesures énergiques pour assurer la sécurité du roi.

Le convoi royal devant la barrière du Roule

Le cortège est composé de la berline royale où se trouvent le roi, la reine, Pétion, Barnave, Madame Elisabeth, Madame Royale et le dauphin et, sur le siège, trois gardes du corps ; les femmes de service occupent une seconde voiture ; dans la troisième, un cabriolet découvert ombragé de branches de chêne, se trouve Drouet, qui a reconnu le roi. Seize pièces de canon et 30 000 baïonnettes escortent le convoi.

Le dessin de Jean-Louis Prieur, probablement contemporain de l’événement, a été gravé à l’eau-forte par Jean Duplessi-Bertaux et reproduit par P. G. Berthault dans les Tableaux historiques de la Révolution française[3]. L’estampe a été rehaussée de couleurs sans beaucoup d’exactitude. La berline choisie pour ce départ clandestin était ordinaire et sombre. Par contre, le vêtement jaune des trois gardes du corps qui avaient servi de courrier avait constitué une voyante bévue.
La foule immense d’hommes, de femmes et d’enfants se presse des deux côtés de la route, sur toute la longueur du mur et sur les toits des bâtiments et de la barrière du Roule, à l’architecture flambant neuve due à Claude Nicolas Ledoux. Le haut bâtiment de quatre étages, inspiré de l’Antiquité romaine et situé à côté de collines imaginaires, domine et amplifie de sa majestueuse gravité la scène tragique et silencieuse.

On aperçoit, à l’intérieur de la berline, les profils de Louis XVI et de Marie-Antoinette. Seul s’est mis à la portière le jeune prince, qui laisse pendre son chapeau, désemparé devant cette situation inouïe.

Donner une résonance patriotique à l’événement

Animée par le mouvement des bras de la foule et les volutes de poussière soulevées par le convoi, la scène semble portée par un élan. Le groupe de soldats et de paysans dont l’un tient une faux, juché sur le toit de la berline paraît une création symbolique de l’artiste, faite pour exalter le rôle joué par le peuple dans l’arrestation du roi.

Dans sa représentation de scènes violentes ou tragiques de la Révolution, Prieur a profilé à plusieurs reprises les barrières de Ledoux, à l’architecture directement inspirée de l’Antiquité. On croyait alors reconnaître chez Ledoux le décor où s’était écoulé l’âge héroïque de la République romaine. Cette architecture nouvelle n’était pas sans correspondances avec l’idéal de valeurs antiques des jacobins. L’artiste y était sans doute sensible ; il sera juré auprès du Tribunal révolutionnaire, avant d’être lui-même guillotiné à Paris, le 6 mai 1795.

Jérôme PÉTION DE VILLENEUVE Mémoires inédits Paris, C. A. Dauban, 1866,.p.196.

Collectif, Exposition Ledoux et Paris Paris, Rotonde de la Villette, 1979.

Cahiers de la Rotonde, n° 3.Noël LAVEAU Paris Révolution Paris, 1989.

Albert SOBOUL (dir.) Dictionnaire historique de la Révolution Paris, 1989.

Luce-Marie ALBIGÈS, « Retour de Varennes à Paris », Histoire par l'image [en ligne], consulté le 28/06/2022. URL : histoire-image.org/etudes/retour-varennes-paris

Anonyme (non vérifié)

Bonjour !
Parle-t-on du même Claude Nicolas Ledoux, mort en 1806, architecte entre autres de la Saline Royale d'Arc-et-Senan ?
Il est écrit ci-dessus : guillotiné le 6 mai 1795.
Je suis surprise ... mais l'erreur est humaine, à moins qu'il ne s'agisse d'un frère, d'un homonyme dont je n'aurais pas connaissance.
Merci de me renseigner.
Bien à vous, Almaïde.

jeu 04/04/2013 - 16:41 Permalien
Anonyme (non vérifié)

Bonjour,

Nous parlons effectivement du Claude Nicolas Ledoux qui a conçu les plans de la Saline Royale d'Arc-et-Senans.

Dans la phrase : "L’artiste y était sans doute sensible ; il sera juré auprès du Tribunal révolutionnaire, avant d’être lui-même guillotiné à Paris, le 6 mai 1795." C'est Jean-Louis Prieur, l'auteur du dessin qui est désigné comme artiste et qui est bien décédé en 1795

A très bientôt,

Anne-Lise

mar 09/04/2013 - 12:19 Permalien

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