Entrée de l'armée française à Rome (15 février 1798).

Entrée de l'armée française à Rome (15 février 1798).

Entrée de l'armée française à Naples (21 janvier 1799).

Entrée de l'armée française à Naples (21 janvier 1799).

Entrée de l'armée française à Gênes (24 juin 1800).

Entrée de l'armée française à Gênes (24 juin 1800).

Entrée de l'armée française à Rome (15 février 1798).

Entrée de l'armée française à Rome (15 février 1798).

Date de création : 1834

Date représentée : 15 février 1798

H. : 77

L. : 99

Huile sur toile

© Photo RMN - Grand Palais

http://www.photo.rmn.fr

88EE85 / inv 1850-1358

La campagne d'Italie

Date de publication : Novembre 2004

Auteur : Jérémie BENOÎT

La guerre révolutionnaire étant officiellement achevée depuis les traités de Bâle en 1795 et de Campoformio en 1797, il ne restait en lice face à la République française que l’Angleterre. Devant la volonté britannique de déstabiliser le fragile équilibre européen et devant les contraintes de politique intérieure, financières et sociales, le Directoire ne cessa d’étendre son influence sur l’Europe, particulièrement en Italie. La conquête des Etats du pape en 1798, celle du royaume de Naples en 1799, constituèrent autant d’éléments qui relancèrent la guerre contre la France au printemps 1799. La deuxième coalition parvint à libérer l’Italie du joug français, mais la prise du pouvoir par Bonaparte à la suite de la victoire de Marengo (14 juin 1800) renversa la situation. La France consulaire reconquit le glacis italien, tandis qu’en Allemagne Moreau écrasait les Autrichiens à Hohenlinden (3 décembre 1800).

Le tableau de Lecomte

Depuis le départ de Bonaparte la péninsule italienne était en proie à une forte instabilité. Le général Duphot, adjoint de l’ambassadeur de France Joseph Bonaparte, avait été assassiné à Rome le 27 décembre 1797 lors d’une émeute révolutionnaire réprimée par les troupes papales. Berthier, général en chef de l’armée d’Italie, reçut l’ordre du Directoire de venger sa mort et d’encourager les partisans de la France. Le 9 février, l’armée entrait à Rome, et Berthier, assisté de Murat, proclamait la République romaine le 15. Le pape quitta ses Etats et fut emprisonné. Estimant sa mission achevée, Berthier rentra à Milan, laissant le commandement de l’armée romaine à Masséna.
Le tableau montre Berthier entrant à Rome acclamé par le petit peuple, tandis que l’armée lui rend les honneurs. Dans le fond se distingue le château Saint-Ange. L’œuvre, tardive, met en avant un général victorieux autre que Bonaparte, ce qui n’aurait pas été possible sous l’Empire.

Le tableau de Taurel
L’amiral Nelson ayant convaincu les souverains de Naples d’attaquer la République romaine, celle-ci fut envahie par les soldats napolitains commandés par le général autrichien Mack von Leiberich, et Rome fut occupée le 26 novembre 1798. Sur ordre du Directoire, Championnet, général en chef de l’armée de Rome, prit l’offensive, vainquit les Napolitains à Civita-Castellana (5 décembre), entra dans Rome et, poussant son avantage, conquit le royaume de Naples. Il entra dans la capitale le 23 janvier 1799, le roi s’étant enfui en Sicile. Contre l’avis du Directoire qui entendait tenir le royaume en gage pour traiter, Championnet proclama la République parthénopéenne et créa l’armée de Naples.
Le tableau de Taurel, contemporain de l’événement, montre les troupes françaises dont les hussards forment l’avant-garde, bien alignées, chargeant le petit peuple napolitain, les lazzaroni bien décidés à se défendre au nom de Dieu ainsi que le signalent les croix et les bannières, dans la baie où brûlent des navires britanniques tandis que d’autres prennent le large.
Au Salon, l’œuvre, qui remporta un prix d’encouragement, fut exposée sous le titre Paysage, Marine, Taurel, disciple de Joseph Vernet, montrant par là qu’il privilégiait moins la scène historique que le paysage situé « au bord de la mer, sur le chemin qui conduit à Portici ». Le sujet militaire lui-même est conçu selon une isocéphalie absolue qui révèle la conception égalitaire de la République : Championnet, à peine visible à droite de la composition, ne se démarque presque pas de ses soldats.

Le tableau de Hue
A la suite des revers subis par les Français en Italie en 1799, les restes de l’armée d’Italie s’étaient retranchés autour de Gênes. Le siège fut mené par les Autrichiens tandis que la marine anglaise bloquait le port. Masséna avait résisté dans des conditions épouvantables, jusqu’à la famine, son rôle consistant à fixer le plus longtemps possible les coalisés, en attendant l’arrivée de l’armée de réserve de Bonaparte. Il capitula avec les honneurs le 4 juin 1800. C’était assez : Bonaparte débouchait en Italie. La victoire de Marengo, le 14 juin 1800, vint libérer l’Italie. Dès le 24 juin, le général Suchet, retranché autour de Nice, envoya le général Miollis réinvestir la place et réinstaurer la République ligurienne.
Le tableau de Hue, tout comme celui de Taurel, est avant tout l’œuvre d’un peintre de marine, disciple de Joseph Vernet. Mais plus encore que Taurel, l’artiste minimise le sujet. Quelques navires britanniques évacuent la rade à droite, tandis que les soldats français défilent à gauche, acclamés par des habitants qui agitent des drapeaux. Comme avec le tableau précédent, c’est avant tout à une vue topographique que nous avons affaire.

Ces trois tableaux de trois époques différentes révèlent des conceptions artistiques soumises à l’idéologie de leur époque. Si le tableau de Taurel (1799) est proprement républicain, celui de Hue (1810) minimise un épisode militaire où le Premier consul était absent bien que l’événement fût lié à l’une de ses victoires, et celui de Lecomte, dégagé de toute « dictature » républicaine ou impériale, montre un événement où s’était révélé un grand général. De ces trois œuvres, c’est la seule que l’on puisse qualifier de pure illustration historique, même si le lieu de l’action est totalement inventé à l’inverse des deux autres qui sont plus des paysages que des tableaux d’histoire.

Catalogue de l’expositionLa Révolution française et l’EuropeParis, Grand Palais, 1989, t.II (Taurel) Claire CONSTANSCatalogue des peintures de VersaillesParis, RMN, 1995

Jérémie BENOÎT, « La campagne d'Italie », Histoire par l'image [en ligne], consulté le 28/06/2022. URL : histoire-image.org/etudes/campagne-italie

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