Le Palais des Tuileries après l'incendie de 1871, vu depuis le Jardin du Carrousel

Le Palais des Tuileries après l'incendie de 1871, vu depuis le Jardin du Carrousel

Le Palais des Tuileries après l'incendie de 1871, vu depuis le Grand Bassin du jardin

Le Palais des Tuileries après l'incendie de 1871, vu depuis le Grand Bassin du jardin

Le Palais des Tuileries après l'incendie de 1871, vu depuis le Jardin du Carrousel

Le Palais des Tuileries après l'incendie de 1871, vu depuis le Jardin du Carrousel

Date de création : 1883

Date représentée : mai 1871

H. : 26,5 cm

L. : 77,5 cm

huile sur bois

© RMN - Grand Palais (musée du Louvre) / Stéphane Maréchalle

Lien vers l'image

RF 1988 20 - 10-514680

Les Tuileries en ruines

Date de publication : Mars 2016

Auteur : Bertrand TILLIER

Les ruines des édifices incendiés

Trois édifices incendiés ont principalement offert aux Parisiens de retour dans la capitale au début du mois de juin 1871 le spectacle de destructions impressionnantes : l’Hôtel de Ville, la Cour des comptes et le palais des Tuileries.

Les dessinateurs, les graveurs, les peintres et les photographes ont rapidement voulu fixer ces vastes champs de ruines plantés au cœur de Paris. Ces ruines connaîtront des postérités et des statuts différents. La décision de reconstruire l’Hôtel de Ville incendié le 24 mai 1871 fut prise dès le mois d’avril 1873, dans le cadre d’une loi générale sur la reconstruction des édifices détruits sous la Commune : le nouveau bâtiment fut édifié de 1873 à 1883.

La permanence des ruines

Ni les ruines de la Cour des comptes incendiée le 23 mai 1871 ni celles du palais des Tuileries ravagé par le feu, du 23 au 26 mai, ne furent concernées par la loi de 1873 sur la reconstruction des édifices détruits sous la Commune.

Les vestiges de la Cour des comptes subsistèrent ainsi pendant presque trente ans, avant d’être rasés lors de la construction de la gare d’Orsay. L’endroit était devenu un lieu de promenade pour les Parisiens.

En revanche, les ruines des Tuileries – symbole de la monarchie – suscitèrent des débats, en 1876 puis de nouveau en 1882, sur l’opportunité de les raser ou de les maintenir. En décembre 1882, la Chambre des députés vota finalement leur destruction. Ces ruines furent acquises par un entrepreneur de démolition, Achille Picard, qui organisa jusqu’en 1884 un négoce de pierres, de vestiges et de fragments de façade.

Dans ces deux œuvres, le chantre des pluies et des brumes parisiennes qu’est Siebe Ten Cate (1858-1908) représente les ruines des Tuileries au moment où leur démantèlement est déjà bien avancé et après les débats qui secouèrent la classe politique : certains furent partisans d’un maintien à caractère pédagogique de l’ancien palais, pour témoigner des destructions de la Commune, d’autres proposèrent leur restauration, tels les architectes Viollet-le-Duc, Garnier et Lefuel. Les partisans de la disparition des ruines l’emportèrent finalement.

Les vues du palais détruit données par Ten Cate ne sont pas ou plus concernées par ces questions politiques. Le peintre est ici séduit par la poétique des ruines durablement inscrites dans le paysage parisien. La lumière matinale qui se reflète dans l’eau du bassin de la Vue des Tuileries du côté du jardin et l’embrasement de la façade par le soleil couchant dans la Vue des Tuileries du côté du Carrousel font de ces œuvres des paysages parisiens purs et montrent que ces ruines ont changé de mobile : leur sens politique et polémique a disparu ou s’est estompé au profit d’une approche poétique.

Une archéologie-fiction

À l’instar des vues réalisées par Giuseppe de Nittis (1846-1884) en 1875 (La Place des Pyramides, Paris, musée d’Orsay) et en 1882 (La Place du Carrousel, Paris, musée d’Orsay), les paysages urbains de Siebe Ten Cate représentant les Tuileries – altérées par la lumière, le brouillard ou la neige dans d’autres de ses œuvres conservées au musée Carnavalet (Paris) ou au musée de La Réunion – témoignent d’une vision romantique de la capitale en ruines.

En écho aux Tableaux de siège de Théophile Gautier (1871), le peintre affiche aussi sa fascination pour les vestiges architecturaux de la ville moderne projetée en quelques journées terribles au rang des immémoriales villes antiques patiemment corrodées par le temps.

Jean-Marie BRUSON, « Iconographie du château des Tuileries après l’incendie », Monuments historiques, no 177, 1991, p. 33-37.

Bernard NOËL, Dictionnaire de la Commune, 2 vol., Paris, Flammarion, coll. « Champs », 1978.

Bertrand TILLIER, « Les Tuileries en ruines », Histoire par l'image [en ligne], consulté le 01/10/2022. URL : histoire-image.org/etudes/tuileries-ruines

Anonyme (non vérifié)

C'est n'importe quoi la légende de ce tableau... le palais des Tuileries est vu ici de la cour du Louvre (à l'emplacement de la pyramide) l'arc de triomphe du Carrousel en fait foi ! le jardin des Tuileries et son bassin, sont de l'autre côté du bâtiment incendié.

mer 21/09/2016 - 16:12 Permalien

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